Monday, August 17, 2009

ΔΕΚΑ ΠΟΙΗΜΑΤΑ ΤΟΥ ΠΩΛ ΕΛΥΑΡ ΠΟΥ ΜΕΛΟΠΟΙΗΣΕ Ο ΜΙΚΗΣ ΘΕΟΔΩΡΑΚΗΣ



DIX POÈMES DE PAUL ELUARD MIS EN MUSIQUE PAR MIKIS THEODORAKIS


ELLE VA S'ÉVEILLER D'UN RÊVE NOIR ET BLEU


Elle va s'éveiller d' un rêve noir et bleu
Elle va se lever de la nuit grise et mauve
Sa jambe est lisse et son pied nu
L'audace fait son premier pas

Au son d'un chant prémédité
Tout son corps passe en reflets en éclats
Son corps pavé de pluie armé de parfums tendres
Démêle le fuseau matinal de sa vie


PRÈS DE L'AIGRETTE DU GRAND PONT

Près de l'aigrette du grand pont
L'orgueil au large
J'attends tout ce que j'ai connu
Comblée d'espace scintillant
Ma mémoire est immense.

La bonté danse sur mes lévres
Des haillons tièdes m'illuminent
Une route part de mon front
Proche et lointaine
La mer bondit et me salue
Elle a la forme d' une grappe
D'un plaisir mûr

J'aimais hier et j'aime encore
Je ne me dérobe à rien
Mon passé m'est fidèle
Le temps court dans mes veines


SOUS DES POUTRES USÉES

Sous des poutres usées sous des plafonds stériles
Dans une vaste chambre petitement gamie
Les genoux ligotés confèrent qualité
A la ligne droite misérable

Ses cheveux pris au piège d'un miroir brisé
C'est sur la mousse de son front que l'eau roucoule
La dérive évasive d'un sourire entraine
Sa dernière illusion vers un ciel disparu


DANS LES PARAGES DE SON LIT

Dans les parages de son lit rampe la terre
Et les bêtes de la terre et les hommes de la terre JJ
Dans les parages de son lit
Il n'y a que champs de blé
Vignes et champs de pensées

La route est tracée sans outils
Les mains les yeux mènent au lit
A l'ardent secret révélé
Aux ombres taillées en songe

Délié des doigts de l'air l'élan
Le vase d'or d'un baiser

La gorge lourde et lente
Par mille gerbes balancée
Arrive aux fêtes de ses fleurs
Elle donne soif et faim

Son corps est un amoureux nu
Il s'échappe de ses yeux
Et la lumière noue la nuit la chair la terre
La lumière sans fond d'un corps abandonné
Et de deux yeux qui se répètent


MES SOEURS PRENNENT DANS LEURS TOILES


Mes soeun; prennent dans leurs toiles
Les cris et les plaintes des chiens
Moi je préfère me nourrir
De l'espoir d'une ardeur sans fin
Oranger noir armure blonde
Grisante abeille rire en course ~
Rire invisiblement masqué
Ecorce d'aube aile étourdie
Nichée de feuilles débauchées
Jeune poison liane montagne
Sueur de nage fumée froide
Pas de géant danse battante
Front éternel paume parfaite
Puits en plein air essieu de vent
Monument vague flamant fou
Jeu sans perdant santé sans trous
Torche brûlant dans l'eau tour mixte
Martyr radieux aux angles vifs
Oeil clair à travers honte et brume
Première neige réjouissante
Mérite de la solitude
Exil aux sources de la force


J'AI LE POUVOIR D'EXISTER SANS DESTIN

J'ai le pouvoir d'exister sans destin
Entre givre et rosée entre oubli et présence

Fraîcheur chaleur je n'en ai pas souci
Je ferai s'éloigner à travers tes désirs
L'image de moi-même que tu m'offres
Mon visage n'a qu'une étoile

Il fant céder m'aimer en vain
Je suis éclipse rêve de nuit
Oublie mes rideaux de cristal

Je reste dans mes propres feuilles
Je reste mon propre miroir
Je mêle la neige et le feu
Mes cailloux ont ma douceur
Ma saison est éternelle.

Et par la grâce de ta lèvre arme la mienne.


JE TE L'AI DIT POUR LES NUAGES


Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiscaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent


TA CHEVELURE D'ORANGES

Ta chevelure d'oranges dans le vide du monde
Dans le vide des vitres lourdes de silence
Et d'ombre où mes mains nues cherchent tous tes reflets.

La forme de ton coeur est chimérique
Et ton amour ressemble à mon désir perdu
O soupirs d'ambre, rêves, regards
Mais tu n'as pas toujours été avec moi. Ma mémoire
Est encore obscurcie de t'avoir vu venir
Et partir. Le temps se sert de mots comme l'amour.


LA COURBE DE TES YEUX

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sùr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs.

Parfums éclos d'une couvée d' aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.


LEURS YEUX TOUJOURS PURS

Jours de lenteur, jours de pluie,
Jours de miroirs brisés et d' aiguilles perdues,
Jours de paupières closes à l'horizon des mers,
D'heures toutes semblables, jours de captivité.

Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
Et les fleurs, mon esprit est nu comme l' amour,
L'aurore qu'il oublie lui fait baisser la tête
Et contempler son corps obéissant et vain.

Pourtant, j'ai vu les plus beaux yeux du monde,
Dieux d'argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
De véritables dieux, des ois.

Leurs ailes sont les miennes, rien n'existe
Que leur vol qui secoue ma misère,
Leur vol d'étoile et de lumière
Leur vol de terre, leur vol de pierre
Sur les flots de leurs ailes.

Ma pensée soutenue par la vie et la mort.



© Paul Eluard - Editions Gallimard. "Le livre ouvert I - Médieuses, 1938-1944", 1947 - "L'amour la poésie", 1929 - "Capitale de la douleur", 1926.

Monday, June 22, 2009

EMILIO BALLAGAS (1908-1954)


Víspera

Estarme aquí quieto, germen
De la canción venidera
—íntegro, virgen, futuro.

Estarme dormido —íntimo—
En tierno latir ausente
De honda presencia secreta.

Y éxtasis —alimento—
De ignorante —ausente, puro—
Nonnato de claridades
Con la palabra inicial
Y el dulce mañana intacto.



Sentidos

Que me cierren los ojos con uvas.
(Diáfana, honda plenitud de curvas.)

Que me envuelva un incendio de manzanas.

Que me envuelvan —presagio de pulpa―
En ciruelas de tacto perfumado…

Inundadme
En pleamar de pétalos y trinos.

Que me ciñan —¡Ceñidme― de eclípticas azules.




Canción sin tiempo

I


En la pureza de los círculos concéntricos
Que crecen y se evaden
Desde secretos puntos de armonía.

Tú, en el minuto que conmemora
La dulzura inefable del perfil
Y la inocencia de las manos unidas
En un solo pulso,
En un salto a otro espacio, en una sangre única.

Cielo de aguas de olvido.
Frescor perezoso de palmeras inexistentes.
Fuente recién abierta. Aguasangre
Que a través de las venas de la tierra
Viene del seno de una campesina,
Nace en el corazón de una madre
Que canta una canción de cuna
Y brota en ese punto donde se rompe
La vena más débil y amorosa de la tierra.

Tú, desde el cielo de la frente
Hecha para el vuelo de los más puros pensamientos,
Hasta el rastro de música apagada
Que deja el pie desnudo
En la arena de una playa nocturna, aún
No descubierta.
Las palabras nos separan
Y nos demoran el amanecer de los besos.
La madrugada de los ojos en los ojos.

Por eso el dedo índice sobre mis labios
Te construye el silencio,
Esa atmósfera donde alientas
Y que te crea de nuevo,
Deleitándose en cada forma
Con la pasión de un escultor.

Por mi silencio existes.
No necesitas la realidad de la forma,
Ni la piel, ni el relieve de las venas…
Ni el contorno del labio superior.
Prescindes ya del nombre.
Yo espero otro para nombrarte,
Un nombre que convenga a tu ser nuevo.
El nombre que los ángeles pronuncian en voz baja
Y aún no ha abierto su flor al borde de mi oído.



Nocturno

¿Cómo te llamas, noche de esta noche?
Dime tu nombre. Déjame
Tu santo y seña
Para que yo te reconozca
Siempre
A través de otras noches diferentes.

Tú me ofreces su frente en medialuna
(Medialuna de carne),
Sus labios (pulpa en sombra)
Y su perfil al tacto…
(Mañana mi derecha
Jugará a dibujar su contorno en el aire.)

¿Cómo te llamas, noche de esta noche?
Dime tu nombre, déjame
Tu santo y seña
Para que yo te reconozca
Siempre
A través de otras noches diferentes.
¡Y que pueda llamarte gozoso,
Trémulo,
Por tu nombre!



Poema impaciente

¿Y si llegas tarde,
Cuando mi boca tenga
Sabor seco a cenizas,
A tierras amargas?

¿Y si llegaras cuando
La tierra removida y oscura (ciega,muerta)
Llueva sobre mis ojos,
Y desterrado de la luz del mundo
Te busque en la luz mía,
En la luz interior que yo creyera
Tener fluyendo en mí?

(Cuando tal vez descubra
Que nunca tuve luz
Y marche a tientas dentro de mí mismo,
Como un ciego que tropieza a cada paso
Como recuerdos que hieren como cardos.)

¿Y si llegara cuando ya el hastío
Ata y venda y las manos;
Cuando no pueda abrir los brazos
Y cerrarlos después como las valvas
De una concha amorosa que defiende
Su misterio, su carne, su secreto;
Cuando no pueda oir abrirse
La rosa de tu beso ni tocarla
(Tacto mío marchito entre la tierra yerta)
Ni sentir que me nace otro perfume
Que le responda al tuyo,
Ni enseñar a tus rosas
El color de mis rosas?

¿Y si llegaras tarde
Y encontraras tan sólo)
Las cenizas heladas de la espera?



Cielo en rehenes

Del libro del mismo nombre (1951)
Te miro sin dejar de contemplarte
Copo de sol, espuma conjurada
Y abro mi corazón de parte a parte
Para ofrecerte jubilosa entrada.

Comprendo que del caos fuera arrancada
La esbelta luz; ignoro por qué arte
Puedo en un solo pétalo labrarte
Con dedos leves el primor de un hada.

De nuevo el manantial de la belleza
Echa a correr con sosegado porte
Contando perla a perla su pureza.

Cielo en rehenes, majestad sin corte;
Donde en alto fulgure tu cabeza
Allí está el girasol, allí su norte.



De otro modo


Si en vez de ser así,
si las cosas de espaldas (fijas desde los siglos)
se volviesen de frente
y las cosas de frente (inmutables)
volviesen las espaldas,
y lo diestro viniese a ser siniestro
y lo izquierdo derecho...
¡No sé cómo decirlo!

Suéñalo
con un sueño que está detrás del sueño,
un sueño no soñado todavía,
al que habría que ir,
al que hay que ir
(¡No sé cómo decirlo!)
como arrancando mil velos de niebla
y al fin el mismo sueño fuese niebla.

De todos modos, suéñalo
en ese mundo, o en éste que nos cerca y nos
apaga
donde las cosas son como son, o como dicen que
son
o como dicen que debieran ser...
Vendríamos cantando por una misma senda
y yo abriría los brazos
y tú abrirías los brazos
y nos alcanzaríamos.
Nuestras voces unidad rodarían
hechas un mismo eco.

Para vernos felices
se asomarían todas las estrellas.
Querría conocernos el arcoiris
palpándonos con todos sus colores
y se levantarían las rosas
para bañarse un poco en nuestra dicha...
(¡Si pudiera ser como es,
o como no es... En absoluto diferente!)

Pero jamás,
jamás
¿Sabes el tamaño de esta palabra:
Jamás?
¿Conoces el sordo gris de esta piedra:
Jamás?
¿Y el ruido que hace
al caer para siempre en el vacío:
Jamás?

No la pronuncies, déjamela.
(Cuando esté solo yo la diré en voz baja
suavizada de llanto, así:
Jamás...)



Elegía sin nombre


But now I think there is no unreturn'd love,
the pay is certain one way or another,
(I loved a certain person ardentlyand my
love was not return'd,
Yet out of that I have written these songs.)
WALT WHITMAN

Mas ¿qué importan a mi vida las playas del mundo?
Es esta solamente quien clava mi memoria.
LUIS CERNUDA

Descalza arena y mar desnudo.
Mar desnudo, impaciente, mirándose en el cielo.
El cielo continuándose a sí mismo,
persiguiendo su azul sin encontrarlo
nunca definitivo, destilado.

Yo andaba por la arena demasiado ligero,
demasiado dios trémulo para mis soledades,
hijo del esperanto de todas las gargantas,
pródigo de miradas blancas, sin vuelo fijo.


Se hacían las gaviotas, se deshacían las nubes
y tornaban las olas a embestir a la orilla.
(Tanta batalla blanca de espumas desatadas
era para cuajar en una sola concha, sin imagen
de nieve ni sal pulida y dura.)


El viento henchía sus velas de un vigor invisible,
danzaba olvidadizo, despedido, encontrado
y tú eras tú.
Yo aún no te había visto.
Hijo de mi presente —fresco niño de olvido—
la sangre me traía noticias de las manos.
Sabía dividir la vida de mi cuerpo como el canto
en estrofas:
cabeza libre, hombros,
pecho,
muslos y piernas estrenadas.
Por dentro me iba una tristeza de lejanas, de
extraviadas palomas,
de perdidas palabras más allá del silencio,
hechas de alas en polvo de mariposas
y de rosas cenizas ausentes de la noche...
Girasol en los sueños: aún no te había visto.
Imán. Clavel vivido en detenido gesto.
Tú no eras tú.


Yo andaba, andaba, andaba
en un andar en andas más frágil que yo mismo,
con una ingravidez transparente y dormida
suelto de mis recuerdos, con el ombligo al
viento...
Mi sombra iba a mi lado sin pies para seguirme,
mi sombra se caía rota, inútil y magra;
como un pez sin espinas mi sombra iba a mi
lado,
como un perro de sombras
tan pobre que ni un perro de sombras le ladraba.


iYa es mucho siempre siempre, ya es demasiado
siempre, mi lámpara de arcilla!
iYa es mucho parecerme a mis pálidas manos
y a mi frente clavada por un amor inmenso,
frutecido de nombres, sin identificarse
con la luz que recortan las cosas agriamente!
iYa es mucho unir los labios para que no se
escape
y huya y se desvanezca
mi secreto de carne, mi secreto de lágrimas,
mi beso entrecortado!


Iba yo. Tú venías,
aunque tu cuerpo bello reposara tendido.
Tú avanzabas, amor, te empujaba el destino,
como empuja a las velas el titánico viento de
hombros
estremecidos.
Te empujaban la vida, y la tierra, y la muerte
y unas manos que pueden más que nosotros
mismos:
unas manos que pueden unirnos y arrancarnos
y frotar nuestros ojos con el zumo de
anémonas...


La sal y el yodo eran; eran la sal y el alga;
eran, y nada más, yo te digo que eran
en el preciso instante de ser.


Porque antes de que el sol terminara su escena
y la noche moviera su tramoya de sombras,
te vi al fin frente a frente,
seda y acero cables nos tendió la mirada.
(Mis dedos sin moverse repasaban en sueños
tus cabellos endrinos.)
Así anduvimos luego uno al lado del otro,
y pude descubrir que era tu cuerpo alegre
una cosa que crece como una llamarada que
desafía al viento,
mástil, columna, torre, en ritmo de estatura
y era la primavera inquieta de tu sangre
una música presa en tus quemadas carnes.


Luz de soles remotos,
perdidos en la noche morada de los siglos,
venía a acrisolarse en tus ojos oblicuos,
rasgados levemente,
con esa indiferencia que levanta las cejas.


Nadabas,
yo quería amarte con un pecho
parecido al del agua; que atravesaras ágil,
fugaz, sin fatigarte. Tenías y aún las tienes
las uñas ovaladas,
metal casi cristal en la garganta
que da su timbre fresco sin quebrarse.
Sé que ya la paz no es mía:
te trajeron las olas
que venían ¿de dónde? que son inquietas
siempre;
que te vas ya por ellas o sobre las arenas,
que el viento te conduce
como a un árbol que crece con musicales hojas.


Sé que vives y alientas
con un alma distinta cada vez que respiras.
Y yo con mi alma única, invariable y segura,
con mi barbilla triste en la flor de las manos,
con un libro entreabierto sobre las piernas quietas,
te estoy queriendo más,
te estoy amando en sombras,
en una gran tristeza caída de las nubes,
en una gran tristeza de remos mutilados,
de carbón y cenizas sobre alas derrotadas...


Te he alimentado tanto de mi luz sin estrías
que ya no puedo más con tu belleza dentro,
que hiere mis entrañas y me rasga la carne
como anzuelo que hiere la mejilla por dentro.


Yo te doy a la vida entera del poema:
No me avergüenzo de mi gran fracaso,
que este limo oscuro de lágrimas sin preces, naces
—dalia del aire— más desnuda que el mar
más abierta que el cielo;
más eterna que ese destino que empujaba tu
presencia a la mía,
mi dolor a tu gozo.

¿Sabes?
Me iré mañana, me perderé bogando
en un barco de sombras,
entre moradas olas y cantos marineros,
bajo un silencio cósmico, grave y fosforescente...

y entre mis labios tristes se mecerá tu nombre
que no me servirá para llamarte
y lo pronuncio siempre para endulzar mi sangre,
canción inútil siempre, inútil, siempre inútil,
inútilmente siempre.

Los pechos de la muerte me alimentan la vida.

Saturday, June 20, 2009

ΓΙΑΝΝΗΣ ΡΙΤΣΟΣ: ΚΑΠΝΙΣΜΕΝΟ ΤΣΟΥΚΑΛΙ


ΚΑΠΝΙΣΜΕΝΟ ΤΣΟΥΚΑΛΙ

ΕΙΤΑΝ μακρύς ο δρόμος ως εδώ. Πολύ μακρύς, αδελφέ μου.
Οι χειροπέδες βάραιναν τα χέρια. Τα βράδια
που ο μικρός γλόμπος κουνούσε το κεφάλι του λέγοντας «πέ-
ρασε η ώρα»
εμείς διαβάζαμε την ιστορία του κόσμου σε μικρά ονόματα
σε κάποιες χρονολογίες σκαλισμένες με το νύχι στους τοίχους
των φυλακών
σε κάτι παιδιάστικα σχέδια των μελλοθανάτων
— μια καρδιά, ένα τόξο, ένα καράβι πούσκιζε σίγουρα το
χρόνο,
σε κάποιους στίχους που έμειναν στη μέση για να τους τε-
λειώσουμε
σε κάποιους στίχους που τελειώσαν για να μην τελειώσουμε.


Είταν μακρύς ο δρόμος ως εδώ — δύσκολος δρόμος.
Τώρα είναι δικός σου αυτός ο δρόμος. Τον κρατάς
όπως κρατάς το χέρι του φίλου σου και μετράς το σφυγμό
του
πάνου σε τούτο το σημάδι που άφησαν οι χειροπέδες.
Κανονικός σφυγμός. Σίγουρο χέρι.
Κανονικός σφυγμός. Σίγουρος δρόμος.


ΔΙΠΛΑ σου αυτός ο ανάπηρος πριν κοιμηθεί βγάζει το πό-
δι του
τ' αφήνει στη γωνιά — ένα κούφιο ξύλινο πόδι —
πρέπει να το γεμίσεις όπως γεμίζεις τη γλάστρα με χώμα
να φυτέψεις λουλούδια
όπως γεμίζει το σκοτάδι με αστέρια
όπως γεμίζει λίγο-λίγο h φτώχεια στοχασμό κι αγάπη.

Τόχουμε απόφαση, μια μέρα όλοι οι άνθρωποι νάχουνε δυο
πόδια
ένα χαρούμενο γεφύρι από μάτια σε μάτια
από καρδιά σε καρδιά. Γι’ αυτό όπου καθήσεις
ανάμεσα στα τσουβάλια του καταστρώματος φεύγοντας για
την εξορία
πίσω απ' τα σίδερα του τμήματος μεταγωγών
κοντά στο θάνατο που δε λέει «αύριο»

ανάμεσα σε χιλιάδες δεκανίκια από πικρά σακατεμένα χρό-
νια,
εσύ λες «αύριο» και κάθεσαι ήσυχος και βέβαιος
όπως κάθεται ένας δίκαιος άνθρωπος αντίκρυ στους ανθρώ-
πους.


ΑΥΤΑ τα κόκκινα σημάδια στους τοίχους μπορεί νάναι κι
από αίμα
— όλο το κόκκινο στις μέρες μας είναι αίμα —
μπορεί νάναι κι απ' το λιόγερμα που χτυπάει στον απέναντι
τοίχο.

Κάθε δείλι τα πράγματα κοκκινίζουν πριν σβήσουν
κι ο θάνατος είναι πιο κοντά. Έξω απ' τα κάγκελα
είναι οι φωνές των παιδιών και το σφύριγμα του τραίνου.

Τότε τα κελλιά γίνονται πιο στενά
και πρέπει να σκεφτείς το φως σ' έναν κάμπο με στάχυα
και το ψωμί στο τραπέζι των φτωχών
και τις μητέρες να χαμογελάνε στα παράθυρα
για να βρεις λίγο χώρο ν' απλώσεις τα πόδια σου.

Κείνες τις ώρες σφίγγεις το χέρι του συντρόφου σου,
γίνεται μια σιωπή γεμάτη δέντρα
το τσιγάρο κομμένο στη μέση γυρίζει από στόμα σε στόμα
όπως ένα φανάρι που ψάχνει το δάσος — βρίσκουμε τη φλέβα
πού φτάνει στην καρδιά της άνοιξης. Χαμογελάμε.


ΧΑΜΟΓΕΛΑΜΕ κατά μέσα. Αυτό το χαμόγελο το κρύ-
βουμε τώρα.
Παράνομο χαμόγελο — όπως παράνομος έγινε κι ο ήλιος
παράνομη κ' η αλήθεια. Κρύβουμε το χαμόγελο
όπως κρύβουμε στην τσέπη μας τη φωτογραφία της αγα-
πημένης μας
όπως κρύβουμε την ιδέα της λευτεριάς ανάμεσα στα δυο
φύλλα της καρδιάς μας.
Όλοι εδώ πέρα έχουμε έναν ουρανό και το ίδιο χαμόγελο.

Αύριο μπορεί να μας σκοτώσουν. Αυτό το χαμόγελο
κι αυτόν τον ουρανό δεν μπορούν να μας τα πάρουν.


ΞΕΡΟΥΜΕ πως ο ίσκιος μας θα μείνει πάνου στα χωράφια
πάνου στην πλίθινη μάντρα του φτωχόσπιτου
πάνου στους τοίχους των μεγάλων σπιτιών πού θα χτίζονται
αύριο
πάνου στην ποδιά της μητέρας πού καθαρίζει φρέσκα φα-
σολάκια
στη δροσερήν αυλόπορτα. Το ξέρουμε.

Ευλογημένη ας είναι η πίκρα μας.
Ευλογημένη η αδελφοσύνη μας.
Ευλογημένος ο κόσμος που γεννιέται.


ΚΑΠΟΤΕΣ είμαστε πολύ περήφανοι, αδελφέ μου,
γιατί δεν είμαστε καθόλου σίγουροι.
Μεγάλα λόγια λέγαμε
πολλά χρυσά γαλόνια βάζαμε στο μπράτσο του στίχου μας
ένα ψηλό λοφίο ανέμιζε στο μέτωπο του τραγουδιού μας
κάναμε θόρυβο — φοβόμαστε, γι' αυτό κάναμε θόρυβο
σκεπάζαμε το φόβο μας με τη φωνή μας
χτυπούσαμε τα τακούνια μας στο πεζοδρόμιο
ανοιχτές δρασκελιές, καμπανιστές
όπως κείνες οι παρελάσεις με τ' άδεια κανόνια
πού τις κοιτάν οι άνθρωποι απ' τα πορτοπαράθυρα
και που κανείς δεν τις χειροκροτάει.


ΤΟΤΕΣ βγάζαν λόγους στις ξύλινες εξέδρες, στα μπαλκόνια,
φώναζαν τα ραδιόφωνα, ξανάλεγαν τους λόγους,
πίσω άπ' τις σημαίες κρυβόταν ο φόβος
μέσα στα τύμπανα αγρυπνούσαν οι σκοτωμένοι
κανείς δεν καταλάβαινε τι γινόταν
οι σάλπιγγες μπορεί να δίναν το ρυθμό στα βήματα
δε δίναν το ρυθμό στην καρδιά. Ψάχναμε το ρυθμό.

Οι αντιφεγγιές άπ' τα όπλα και τα τζάμια κάτι δίναν στα
μάτια μια στιγμή — τίποτ' άλλο?
ύστερα κανένας δε θυμόταν λέξη, δε θυμόταν πρόσωπο και
ήχο.
Το βράδι όταν σβήναν τα φώτα κ' έσερνε ο αγέρας στους
δρόμους τις χάρτινες σημαιούλες
κ' η βαρειά σκιά ενός οδοστρωτήρα έμενε στην πόρτα
εμείς αγρυπνούσαμε
μαζεύαμε τη σκόρπια βουή των δρόμων
μαζεύαμε τα σκόρπια βήματα
βρίσκαμε το ρυθμό, την καρδιά, τη σημαία.


ΚΑΙ να, αδελφέ μου, που μάθαμε να κουβεντιάζουμε
ήσυχα-ήσυχα κι απλά.
Καταλαβαινόμαστε τώρα — δε χρειάζονται περισσότερα.
Κι αύριο λέω θα γίνουμε ακόμα πιο απλοί
θα βρούμε αυτά τα λόγια που παίρνουν το ίδιο βάρος σ' όλες
τις καρδιές, σ' όλα τα χείλη
έτσι να λέμε πια τα σύκα: σύκα, και τη σκάφη: σκάφη,
κ' έτσι που να χαμογελάνε οι άλλοι και να λένε: «τέτοια
ποιήματα
σου φτιάχνουμε εκατό την ώρα». Αυτό θέλουμε και μεις.

Γιατί εμείς δεν τραγουδάμε για να ξεχωρίσουμε, αδελφέ
μου, απ' τον κόσμο
εμείς τραγουδάμε για να σμίξουμε τον κόσμο.


ΛΟΙΠΟΝ δεν είναι ανάγκη να φωνάξω για να με πιστέψουν,
να πουν: «όποιος φωνάζει έχει το δίκιο».
Εμείς το δίκιο τόχουμε μαζί μας και το ξέρουμε
κι όσο σιγά κι αν σου μιλήσω, ξέρω πώς θα με πιστέψεις —
συνηθίσαμε στη σιγανή κουβέντα στα κρατητήρια, στις συ-
νεδριάσεις, στη συνωμοτική δουλειά της κατοχής
συνηθίσαμε στα μικρά σταράτα λόγια πάνου άπ' το φόβο
και πάνου άπ' τον πόνο
ήμερα, ώρα, σύνθημα στις τρομερές, μουγγές γωνιές της
νύχτας
στις διασταυρώσεις του χρόνου που μια στιγμή τις φώτιζε
ο προβολέας του μέλλοντος —
βιαστικά λόγια, μια μικρή περίληψη της ζωής, τα κύρια
σημεία μονάχα
γραμμένα στο κουτί των τσιγάρων, ή σ' ένα τόσο δα χαρτί
κρυμμένο στο παπούτσι, ή στο στρίφωμα του σακκακιού μας,
ένα μικρό χαρτί σαν ένα μεγάλο γεφύρι πάνου άπ' το θάνατο.


Α, βέβαια, όλα τούτα θα πουν δεν είναι τίποτα.
Όμως εσύ, αδελφέ μου, ξέρεις πώς από τούτα τ' απλά λόγια
από τούτες τις απλές πράξεις, από τούτα τα απλά τραγούδια
μεγαλώνει το μπόι της ζωής, μεγαλώνει ο κόσμος, μεγα-
λώνουμε.


ΚΙ ΟΧΙ να πείτε πούκανα και τίποτα σπουδαίο
μόνο που πέρασα κι ακούμπησα στον ίδιο τοίχο που ακουμ-
πήσατε, συντρόφια μου,
μόνο που διάβασα στα τμήματα μεταγωγών τα ονόματα
των ηρώων και των μαρτύρων μας
μόνο που φόρεσα τις ίδιες χειροπέδες που φορέσατε
μόνο που πόνεσα μαζί σας κι ονειρεύτηκα μαζί σας
μόνο που σε βρήκα και με βρήκες, σύντροφε.


Ο μπάρμπα-Χρίστος έχτισε το φούρνο του στρατοπέδου.
Είχα σταθεί και κοίταζα τα σίγουρα γεροντικά του χέρια
τούτα τ' απλά, σοφά, συντροφικά του χέρια —
ώρα την ώρα ο φούρνος ψήλωνε
ψήλωνε ο κόσμος
ψήλωνε η αγάπη
κι όταν γεύτηκα το πρώτο κομμάτι άπ' το ζεστό καρβέλι
μας
μ' αύτη τη γεύση πήρα μέσα μου
κάτι απ' τα σοφά χέρια του γέρο-χτίστη
κάτι απ' το ήσυχο χαμόγελό του που δε ζητάει ανταπόδοση
κάτι απ' τα χέρια όλων των συντρόφων που ζυμώνουν το
ψωμί του κόσμου
εκείνη τη γαλήνια σιγουριά του ανθρώπου
που φτιάχνει ωφέλιμα κι απαραίτητα πράματα.


ΎΣΤΕΡΑ μάθαμε πολύ περισσότερα, μα αν θα καθόμουν
να σας τα ιστορήσω όλα
δε θα τέλειωνε ποτέ το τραγούδι μου
όπως ποτέ δεν τελειώνει η αγάπη μας, η ζωή, ο ήλιος.

Κ' έρχομαι μονάχα να σ' αγκαλιάσω και να κλάψω, αδελφέ
μου,
όπως ο ερωτευμένος που γυρνάει από χρόνια στην καλή του
και μ' ένα του φιλί της λέει όλα τα χρόνια που περίμενε
κι όλα τα χρόνια που τους περιμένουν πέρα απ' το φιλί τους.


ΕΜΕΙΣ ώρες πολλές κοιτάξαμε το ίδιο σημάδι
πολλές ζωές το ψάξαμε τούτο το σημάδι
ως να του εμπιστευτούμε την καρδιά μας και τα χέρια μας.

Κι αυτό που το κοιτάξανε χιλιάδες πονεμένοι ανθρώποι
παίρνει κάτι απ' τα μάτια μας κι απ' το σμίξιμο των ματιών
μας
και μεγαλώνει, μεγαλώνει, μεγαλώνει,
όπως το ζυμάρι στη σκάφη, το δέντρο στον ήλιο, η ελπίδα
στην καρδιά μας.

Και τ' άλλα πάλι, τα πολύ μεγάλα, τ' άπιαστα κι αθώρητα
απ' το πολύ που τα κοιτάξαμε μαζί και τ' αγαπήσαμε μαζί
έγιναν πια δικά μας, ένα με μας, τάχουμε δίπλα μας
σαν την αλατιέρα, σαν το πιρούνι, σαν το πιάτο
και τώρα το ίδιο απλά και γκαρδιακά κοιτάζουμε ένα φύλλο
ή ένα αστέρι
την πέτρα όπου καθόμαστε ή τα ψηλά φουγάρα του μέλλοντος.


Η ΚΑΡΔΙΑ μου σήμερα δε μοιάζει με κανένα σύγνεφο
χρυσό που λαμπαδιάζει στο λιόγερμα
μήτε με κανέναν άγγελο που στρώνει το τραπέζι μες στα
δέντρα του Παράδεισου
τινάζοντας με τ' άσπρα του φτερά τα ψίχουλα των άστρων
απ' τις γενειάδες των παλιών Αγίων.


Τίποτα τέτοιο. Η καρδιά μου είναι τώρα ένα φαρδύ χωμα-
τένιο τσουκάλι
που μπήκε πολλές φορές στη φωτιά
που μαγέρεψε χιλιάδες φορές για τους φτωχούς
για τους ξωμάχους, για τους περατάρηδες
για τους εργάτες και για τις πικρές μανάδες τους
για τον πεινασμένον ήλιο, για τον κόσμο — ναι, για όλο τον
κόσμο
— ένα φτωχό, καπνισμένο, μαυρισμένο τσουκάλι που κάνει
καλά τη δουλειά του
που βράζει άγρια ραδίκια του βουνού κι αριά και που κάνα
κοψίδι κρέας
κι από κάτου συδαυλίζουν τη φωτιά τα πεινασμένα αδέρφια
μου
— καθένας βάζει και το ξύλο του
καθένας καρτεράει το μερτικό του.

Κάθονται γύρω-γύρω μαζί με τ' αρνιά και τα γελάδια
όπως καθόσαστε τώρα εσείς τριγύρω μου
μιλάνε για τον καιρό, για τη σπορά, για τη σοδειά
μιλάνε για τη βροχή, για τον ήλιο, για την ειρήνη
για κείνο το σημάδι που όλο και περισσότερα μάτια το κοι-
τάζουν
για κείνο το άστρο που δε σβήνει με κανέναν άνεμο
κ' οι πεθαμένοι μαζεύονται γύρω απ' την τάβλα μας
και περιμένουν κι αυτοί το μερτικό τους.
Και τούτο το τσουκάλι βράζει, βράζει τραγουδώντας.


ΤΟΥΤΕΣ τις μέρες ο άνεμος μας κυνηγάει.
Γύρω σε κάθε βλέμμα το συρματόπλεγμα
γύρω στην καρδιά μας το συρματόπλεγμα
γύρω στην ελπίδα το συρματόπλεγμα. Πολύ κρύο εφέτος.

Πιο κοντά. Πιο κοντά. Μουσκεμένα χιλιόμετρα μαζεύονται
γύρω τους.
Μέσα στις τσέπες του παλιού πανωφοριού τους
έχουν μικρά τζάκια να ζεσταίνουν τα παιδιά.

Κάθονται στον πάγκο κι αχνίζουν απ' τη βροχή και την
απόσταση.
Η ανάσα τους είναι ο καπνός ενός τραίνου που πάει μακριά,
πολύ μακριά. Κουβεντιάζουν
και τότε η ξεβαμμένη πόρτα της κάμαρας γίνεται σα μητέρα
που σταυρώνει τα χέρια της κι ακούει.

Κι ακούω και γω και παίρνω κι αυγαταίνω —
ρίχνω και γω καμμιά κουβέντα που και που
όπως ρίχνουμε ένα ξύλο στη φωτιά —
φουντώνει η φλόγα, γίνεται πιότερο το φώ — ξύλο το ξύλο —
κοκκινίζουν οι τοίχοι, αποτραβιέται ο άνεμος, τρίζει το
παραθυρόφυλλο
ακούγεται έξω κάποιο γαϊδουράκι που βόσκει ακόμα στο
γρασίδι
και το σκυλί κάθεται ήσυχο μπροστά στα πόδια των πεθα-
μένων.
Όλοι περιμένουμε να ξημερώσει.


ΕΠΕΣΕ ο άνεμος. Σιωπή. Στη γωνιά της κάμαρας
ένα αλέτρι συλλογισμένο — περιμένει τ' όργωμα.
Ακούγεται πιο καθαρά το νερό που κοχλάζει στο τσουκάλι.

Αυτοί που περιμένουν στον ξύλινο πάγκο
είναι οι φτωχοί, οι δικοί μας, οι δυνατοί
είναι οι ξωμάχοι, οι σπουδαστές κ' οι προλετάριοι
— κάθε τους λέξη είναι ένα ποτήρι κρασί
μια γωνιά μαύρο ψωμί
ένα δέντρο πλάϊ στο βράχο
ένα παράθυρο ανοιχτό στη λιακάδα.

Είναι οι δικοί μας Χριστοί, οι δικοί μας Άγιοι.
Τα χοντρά τους παπούτσια είναι σα βαγόνια με κάρβουνο
τα χέρια τους είναι η σιγουριά —
αργασμένα χέρια, σκληρά χέρια, ροζιασμένα
με φαγωμένα νύχια, με άγριες τρίχες
με το μεγάλο δάχτυλο φαρδύ όσο η ιστορία του ανθρώπου
με τη φαρδειά σπιθαμή σα γιοφύρι πάνου απ' το γκρεμό.
Τα δαχτυλικά τους αποτυπώματα δεν είναι μονάχα στα μη-
τρώα των φυλακών
φυλάγονται στα αρχεία της ιστορίας,
τα δαχτυλικά τους αποτυπώματα είναι οι πυκνές σιδηρο-
δρομικές γραμμές
που διασχίζουν το μέλλον. Κ' η καρδιά μου εμένα
τίποτα πιότερο, συντρόφια μου, ένα πήλινο μαυρισμένο
τσουκάλι
που κάνει καλά τη δουλειά του —•τίποτ' άλλο. Γεια σας
σύντροφοι.


ΛΟΙΠΟΝ, παιδιά μου, συλλογιέμαι τώρα σαν τον παππού
που λέει παραμύθια
(και μη θυμώνετε που σας λέω «παιδιά μου»,
μόνο στα χρόνια μπορεί νάμαι πιο μεγάλος
σε τίποτ' άλλο,
κι αύριο θα με πείτε εσείς: «παιδί μου», και γω δε θα θυ-
μώνω
γιατί όσο θάναι νιότη μες στον κόσμο θάμαι νέος,
και να με λέτε: «παιδί μου», παιδιά μου) —
λοιπόν, παιδιά μου, συλλογιέμαι τώρα
να βρω μια λέξη να ταιριάζει στο μπόϊ της λευτεριάς
μήτε πιο ψηλή, μήτε πιο κοντή
— το περίσσιο είναι ψεύτικο
το λιγοστό είναι ντροπαλό,
και γω δεν τόχω σκοπό να καμαρώσω
για τίποτα πιότερο, για τίποτα, λιγότερο από άνθρωπος.

Θα βρούμε το τραγούδι μας. Καλά πάμε. Τί λες και συ,
σύντροφε;
Καλά, καλά.

Βράσανε τα ραδίκια. Λιγοστό το λάδι. Δεν πειράζει.
Περσεύει η όρεξη κ' η καρδιά. Είναι ώρα.


ΕΔΩ είναι φως αδερφικό — απλά τα χέρια και τα μάτια.
Εδώ δεν είναι νάμαι εγώ πάνω από σένα ή εσύ πάνω από
μένα.
Εδώ είναι νάναι ο καθένας μας πάνω απ' τον εαυτό του.

Εδώ είναι ένα φως αδερφικό που τρέχει σαν ποτάμι δίπλα
στο μεγάλο τοίχο.
Αυτό το ποτάμι το ακούμε ως και μέσα στον ύπνο μας.
Κι όταν κοιμόμαστε τόνα μας χέρι κρεμασμένο απ' όξω απ'
την κουβέρτα
βρέχεται μέσα σε τούτο το ποτάμι.

Φτάνει με δυο σταγόνες μόνο από τούτο το νερό να ραντίσεις
το πρόσωπο του εφιάλτη, και χάνεται καπνός πίσω απ' τα
δέντρα.
Κι ο θάνατος δεν είναι παρά ένα φύλλο που έπεσε για να θρέ-
ψει ένα φύλλο που ανεβαίνει.


ΤΩΡΑ το δέντρο σε κοιτάει κατάματα μες απ' τα φύλλα του
η ρίζα σου δείχνει όλο το δρόμο της
εσύ κοιτάς κατάματα τον κόσμο —δεν έχεις τίποτα να κρύ-
ψεις.
Τα χέρια σου είναι καθαρά, πλυμένα με το χοντρό σαπούνι
του ήλιου
τα χέρια σου τ' αφήνεις στο συντροφικό τραπέζι ξέσκεπα
τα εμπιστεύεσαι στα χέρια των συντρόφων σου.

Η κίνησή τους είναι απλή, γεμάτη ακρίβεια.
Κι όταν ακόμη βγάζεις μια τρίχα απ' το σακκάκι του φίλου
σου
είναι σα να βγάζεις ένα φύλλο απ' το ημερολόγιο
επιταχύνοντας το ρυθμό του κόσμου.
Μ' όλο που το ξέρεις πως έχεις ακόμη να κλάψεις πολύ
ώσπου να μάθεις τον κόσμο να γελάει.


ΕΝΑ τσουκάλι λοιπόν. Τίποτ' άλλο.
Πήλινο, μαυρισμένο τσουκάλι,
βράζοντας, βράζοντας και τραγουδώντας,
βράζοντας πάνω στου ήλιου τη φωτιά και τραγουδώντας.



Στρατόπεδο Συγκέντρωσης Πολιτικών Κρατουμένων
ΚΟΝΤΟΠΟΥΛΙ ΛΗΜΝΟΥ,
Δεκέμβριος 1948 - Φεβρουάριος 1949.

Friday, June 19, 2009

Ο PAUL ELUARD ΜΕΤΑΦΡΑΖΕΙ FEDERICO GARCÍA LORCA



ODE A SALVADOR DALÍ

Une rose dans le haut jardin que tu désires.
Une roue dans la pure syntaxe de l’acier.
Elle est nue la montagne de brume impressionnistes.
Les gris en sont à leurs dernières balustrades.

Dans leurs blancs studios, les peintres modernes
Coupent la fleur aseptique de la racine carrée.
Sur les eaux de la Seine, un iceberg de marbre
Refroidit les fenêtres et dissipe les lierres.

L’homme, d’un pas ferme, foule les rues dallées
Et les vitres esquivent la magie du reflet.
Le Gouvernement a fermé les boutiques de parfums.
La machine éternise ses mouvements binaires.

C’est une absence de forêts, de paravents, d’entre-sourcils
Qui rôde par les terrasses des maisons antiques.
Et c’est l’air qui polit son prisme sur la mer,
C’est l’horizon qui monte comme un grand aqueduc.

Les marins ignorant le vin et la pénombre
Décapitent les sirènes sur des mers de plomb.
La Nuit, noire statue de la prudence,
Tient le miroir rond de la lune dans sa main.

Un désir nous gagne, de formes, de limites.
Voici l’homme qui voit à l’aide d’un mètre jaune.
Venus est une blanche nature-morte.
Voici que les collectionneurs de papillons s'effacent.

*

Cadaquès, sur le fléau de l’eau et de la colline,
Soulève des gradins et enfouit des coquilles.
Des flûtes de bois pacifient l’air.
Un vieux dieu sylvestre donne des fruits aux enfants.

Sans avoir pris le temps de s’endormir, les pêcheurs dorment sur la sable.
En haute mer, ils ont une rose pour boussole.
L’horizon vierge de mouchoirs blessés
Joint les masses vitrifiées du poisson et de la lune.

Une dure couronne de blanches brigantines
Ceint des fronts amers, des cheveux de sable.
Les sirènes persuasives ne nous suggestionnent pas.
Elles apparaissent au premier verre d’eau douce.

*

Ô Salvador Dali à la voix olivée !
Je ne vante pas ton imparfait pinceau adolescent,
Ni ta couleur qui courtise la couleur de ton temps.
Je chante ton angoisse, ô limité, limité éternel !

Âme hygiénique, tu vis sur des marbres nouveaux.
Tu fuis l’obscure selve des formes incroyables.
Où atteignent tes mains, ta fantaisie atteint,
Et tu jouis du sonnet de la mer dans ta fenêtre.

Aux premières bornes que l’homme rencontre,
Le monde n’est que désordre et que sourde pénombre.
Mais déjà les étoiles, cachant les paysages,
Désignent le schéma parfait de ses orbites.

Le courant du temps s’apaise et s’ordonne
Dans les formes numériques d’un siècle, et d’un autre siècle.
La Mort vaincue se réfugie en tremblant
Dans le cercle étroit de la minute présente.

En prenant ta palette, dont l’aile est trouée d’un coup de feu,
Tu demandes la lumière qui anime la coupe renversée de l’olivier.
Large lumière de Minerve, constructrice d’échafaudages,
Lumière où ni le songe, ni sa flore inexacte n’ont place.

Tu demandes la lumière antique qui reste sur le front,
Qui ne descend ni à la bouche, ni au cœur de l’homme.
Lumière que craignent les vignes poignantes de Bacchus
Et la force désordonnée qui porte l’eau courbe.

Tu as raison de banderoler la limite obscure,
Toute brillante de nuit. Et en tant que peintre,
Tu ne veux pas que ta forme soit amollie
Par le coton changeant d’un nuage imprévu.

Le poisson dans le vivier, l’oiseau dans la cage,
Tu ne veux pas les inventer dans la mer ou le vent.
Après les avoir, de tes honnêtes pupilles, bien regardés,
Tu stylises ou copies les petits corps agiles.

Tu aimes une matière définie et exacte
Où le champignon ne puisse dresser sa tente.
Tu aimes l’architecture qui contruit dans l’absent
Et tu prends le drapeau pour une simple plaisanterie.

Le compas d’acier rythme son court vers élastique.
La sphère déjà dément les îles inconnues.
La ligne droite exprime son effort vertical
Et les cristaux savants chantent leurs géométries.

*

Mais encore et toujours la rose du jardin où tu vis.
Toujours la rose, toujours ! nord et sud de nous-mêmes !
Tranquille et concentrée comme une statue aveugle,
Ignorante des efforts souterrains qu’elle cause.

Rose pure, abolissant artifices et croquis
Et nous ouvrant les ailes ténues du sourire.
(Papillon cloué qui médite son vol).
Rose de l’équilibre sans douleurs voulues. Toujours la rose !

*

Ô Salvador Dali à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.

Bien avant le tableau que, patient, tu dessines,
Bien avant le sein de Thérèse, à la peau d’insomnie,
Bien avant la boucle serrée de Mathilde l’ingrate,
Passe notre amitié peinte comme un jeu d’oie.

Que des traces dactylographiques de sang sur l’or
Rayant le cœur de la Catalogne éternelle !
Que les étoiles comme des poings sans faucon t’illuminent,
Pendant que ta peinture et que ta vie fleurissent.

Ne regarde pas la clepsydre aux ailes membraneuses,
Ni la dure faux des allégories.
Habille et déshabille toujours ton pinceau dans l’air,
Face à la mer peuplée de barques et de marins.


************************************


ODA A SALVADOR DALÍ

Una rosa en el alto jardín que tu deseas.
Una rueda en la pura sintaxis del acero.
Desnuda la montaña de niebla impresionista.
Los grises oteando sus balaustradas últimas.

Los pintores modernos, en sus blancos estudios,
cortan la flor aséptica de la raíz cuadrada.
En las aguas del Sena un iceberg de mármol
enfría las ventanas y disipa las yedras.

El hombre pisa fuerte las calles enlosadas.
Los cristales esquivan la magia del reflejo.
El Gobierno ha cerrado las tiendas de perfume.
La máquina eterniza sus compases binarios.

Una ausencia de bosques, biombos y entrecejos
yerra por los tejados de las casas antiguas.
El aire pulimenta su prisma sobre el mar
y el horizonte sube como un gran acueducto.

Marineros que ignoran el vino y la penumbra
decapitan sirenas en los mares de plomo.
La Noche, negra estatua de la prudencia, tiene
el espejo redondo de la luna en su mano.

Un deseo de formas y límites nos gana.
Viene el hombre que mira con el metro amarillo.
Venus es una blanca naturaleza muerta
y los coleccionistas de mariposas huyen.

*

Cadaqués, en el fiel del agua y la colina,
eleva escalinatas y oculta caracolas.
Las flautas de madera pacifican el aire.
Un viejo dios silvestre da frutas a los niños.

Sus pescadores duermen, sin ensueño, en la arena.
En alta mar les sirve de brújula una rosa.
El horizonte virgen de pañuelos heridos
junta los grandes vidrios del pez y de la luna.

Una dura corona de blancos bergantines
ciñe frentes amargas y cabellos de arena.
Las sirenas convencen, pero no sugestionan,
y salen si mostramos un vaso de agua dulce.

*

¡Oh Salvador Dalí, de voz aceitunada!
No elogio tu imperfecto pincel adolescente
ni tu color que ronda la color de tu tiempo,
pero alabo tus ansias de eterno limitado.

Alma higiénica, vives sobre mármoles nuevos.
Huyes la oscura selva de formas increíbles.
Tu fantasía llega donde llegan tus manos,
y gozas el soneto del mar en tu ventana.

El mundo tiene sordas penumbras y desorden,
en los primeros términos que el humano frecuenta.
Pero ya las estrellas ocultando paisajes,
señalan el esquema perfecto de sus órbitas.

La corriente del tiempo se remansa y ordena
en las formas numéricas de un siglo y otro siglo.
Y la Muerte vencida se refugia temblando
en el círculo estrecho del minuto presente.

Al coger tu paleta, con un tiro en un ala,
pides la luz que anima la copa del olivo.
Ancha luz de Minerva, constructora de andamios,
donde no cabe el sueño ni su flora inexacta.

Pides la luz antigua que se queda en la frente,
sin bajar a la boca ni al corazón del hombre.
Luz que temen las vides entrañables de Baco
y la fuerza sin orden que lleva el agua curva.

Haces bien en poner banderines de aviso,
en el límite oscuro que relumbra de noche.
Como pintor no quieres que te ablande la forma
el algodón cambiante de una nube imprevista.

El pez en la pecera y el pájaro en la jaula.
No quieres inventarlos en el mar o en el viento.
Estilizas o copias después de haber mirado
con honestas pupilas sus cuerpecillos ágiles.

Amas una materia definida y exacta
donde el hongo no pueda poner su campamento.
Amas la arquitectura que construye en lo ausente
y admites la bandera como una simple broma.

Dice el compás de acero su corto verso elástico.
Desconocidas islas desmienten ya la esfera.
Dice la línea recta su vertical esfuerzo
y los sabios cristales cantan sus geometrías.

*

Pero también la rosa del jardín donde vives.
¡Siempre la rosa, siempre, norte y sur de nosotros!
Tranquila y concentrada como una estatua ciega,
ignorante de esfuerzos soterrados que causa.

Rosa pura que limpia de artificios y croquis
y nos abre las alas tenues de la sonrisa.
(Mariposa clavada que medita su vuelo.)
Rosa del equilibrio sin dolores buscados.
¡Siempre la rosa!

*

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas.

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida.

Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas.

Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

Es primero que el cuadro que paciente dibujas
el seno de Teresa, la de cutis insomne,
el apretado bucle de Matilde la ingrata,
nuestra amistad pintada como un juego de oca.

Huellas dactilográficas de sangre sobre el oro
rayen el corazón de Cataluña eterna.
Estrellas como puños sin halcón te relumbren,
mientras que tu pintura y tu vida florecen.

No mires la clepsidra con alas membranosas,
ni la dura guadaña de las alegorías.
Viste y desnuda siempre tu pincel en el aire,
frente a la mar poblada con barcos y marinos.


Η μετάφραση έγινε το 1938.

Friday, April 10, 2009

UGO FOSCOLO (1778-1827)




DEI SEPOLCRI


A
IPPOLITO PINDEMONTE


DEORUM MANIUM IURA SANCTA SUNTO.
XII TAB.


All'ombra de' cipressi e dentro l'urne
confortate di pianto è forse il sonno
della morte men duro? Ove piú il Sole
per me alla terra non fecondi questa
bella d'erbe famiglia e d'animali,
e quando vaghe di lusinghe innanzi
a me non danzeran l'ore future,
nè da te, dolce amico, udrò piú il verso
e la mesta armonia che lo governa,
nè piú nel cor mi parlerà lo spirto
delle vergini Muse e dell'amore,
unico spirto a mia vita raminga,
qual fia ristoro a' dí perduti un sasso
che distingua le mie dalle infinite
ossa che in terra e in mar semina morte?
Vero è ben, Pindemonte! Anche la Speme,
ultima Dea, fugge i sepolcri: e involve
tutte cose l'obblío nella sua notte;
e una forza operosa le affatica
di moto in moto; e l'uomo e le sue tombe
e l'estreme sembianze e le reliquie
della terra e del ciel traveste il tempo.

Ma perchè pria del tempo a sè il mortale
invidierà l'illusïon che spento
pur lo sofferma al limitar di Dite?
Non vive ei forse anche sotterra, quando
gli sarà muta l'armonia del giorno,
se può destarla con soavi cure
nella mente de' suoi? Celeste è questa
corrispondenza d'amorosi sensi,
celeste dote è negli umani; e spesso
per lei si vive con l'amico estinto,
e l'estinto con noi, se pia la terra
che lo raccolse infante e lo nutriva,
nel suo grembo materno ultimo asilo
porgendo, sacre le reliquie renda
dall'insultar de' nembi e dal profano
piede del vulgo, e serbi un sasso il nome,
e di fiori odorata arbore amica
le ceneri di molli ombre consoli.

Sol chi non lascia eredità d'affetti
poca gioia ha dell'urna; e se pur mira
dopo l'esequie, errar vede il suo spirto
fra 'l compianto de' templi acherontei,
o ricovrarsi sotto le grandi ale
del perdono d'lddio: ma la sua polve
lascia alle ortiche di deserta gleba
ove nè donna innamorata preghi,
nè passeggier solingo oda il sospiro
che dal tumulo a noi manda Natura.


Pur nuova legge impone oggi i sepolcri
fuor de' guardi pietosi, e il nome a' morti
contende. E senza tomba giace il tuo
sacerdote, o Talia, che a te cantando
nel suo povero tetto educò un lauro
con lungo amore, e t'appendea corone;
e tu gli ornavi del tuo riso i canti
che il lombardo pungean Sardanapalo,
cui solo è dolce il muggito de' buoi
che dagli antri abdüani e dal Ticino
lo fan d'ozi beato e di vivande.
O bella Musa, ove sei tu? Non sento
spirar l'ambrosia, indizio del tuo nume,
fra queste piante ov'io siedo e sospiro
il mio tetto materno. E tu venivi
e sorridevi a lui sotto quel tiglio
ch'or con dimesse frondi va fremendo
perchè non copre, o Dea, l'urna del vecchio
cui già di calma era cortese e d'ombre.
Forse tu fra plebei tumuli guardi
vagolando, ove dorma il sacro capo
del tuo Parini? A lui non ombre pose
tra le sue mura la citta, lasciva
d'evirati cantori allettatrice,
non pietra, non parola; e forse l'ossa
col mozzo capo gl'insanguina il ladro
che lasciò sul patibolo i delitti.
Senti raspar fra le macerie e i bronchi
la derelitta cagna ramingando
su le fosse e famelica ululando;
e uscir del teschio, ove fuggia la luna,
l'úpupa, e svolazzar su per le croci
sparse per la funerëa campagna
e l'immonda accusar col luttüoso
singulto i rai di che son pie le stelle
alle obblïate sepolture. Indarno
sul tuo poeta, o Dea, preghi rugiade
dalla squallida notte. Ahi! su gli estinti
non sorge fiore, ove non sia d'umane
lodi onorato e d'amoroso pianto.


Dal dí che nozze e tribunali ed are
diero alle umane belve esser pietose
di se stesse e d'altrui, toglieano i vivi
all'etere maligno ed alle fere
i miserandi avanzi che Natura
con veci eterne a sensi altri destina.
Testimonianza a' fasti eran le tombe,
ed are a' figli; e uscían quindi i responsi
de' domestici Lari, e fu temuto
su la polve degli avi il giuramento:
religïon che con diversi riti
le virtú patrie e la pietà congiunta
tradussero per lungo ordine d'anni.
Non sempre i sassi sepolcrali a' templi
fean pavimento; nè agl'incensi avvolto
de' cadaveri il lezzo i supplicanti
contaminò; nè le città fur meste
d'effigïati scheletri: le madri
balzan ne' sonni esterrefatte, e tendono
nude le braccia su l'amato capo
del lor caro lattante onde nol desti
il gemer lungo di persona morta
chiedente la venal prece agli eredi
dal santuario. Ma cipressi e cedri
di puri effluvi i zefiri impregnando
perenne verde protendean su l'urne
per memoria perenne, e prezïosi
vasi accogliean le lagrime votive.
Rapían gli amici una favilla al Sole
a illuminar la sotterranea notte,
perchè gli occhi dell'uom cercan morendo
il Sole; e tutti l'ultimo sospiro
mandano i petti alla fuggente luce.
Le fontane versando acque lustrali
amaranti educavano e vïole
su la funebre zolla; e chi sedea
a libar latte o a raccontar sue pene
ai cari estinti, una fragranza intorno
sentía qual d'aura de' beati Elisi.
Pietosa insania che fa cari gli orti
de' suburbani avelli alle britanne
vergini, dove le conduce amore
della perduta madre, ove clementi
pregaro i Geni del ritorno al prode
che tronca fe' la trïonfata nave
del maggior pino, e si scavò la bara.
Ma ove dorme il furor d'inclite gesta
e sien ministri al vivere civile
l'opulenza e il tremore, inutil pompa
e inaugurate immagini dell'Orco
sorgon cippi e marmorei monumenti.
Già il dotto e il ricco ed il patrizio vulgo,
decoro e mente al bello italo regno,
nelle adulate reggie ha sepoltura
già vivo, e i stemmi unica laude. A noi
morte apparecchi riposato albergo,
ove una volta la fortuna cessi
dalle vendette, e l'amistà raccolga
non di tesori eredità, ma caldi
sensi e di liberal carme l'esempio.


A egregie cose il forte animo accendono
l'urne de' forti, o Pindemonte; e bella
e santa fanno al peregrin la terra
che le ricetta. Io quando il monumento
vidi ove posa il corpo di quel grande
che temprando lo scettro a' regnatori
gli allòr ne sfronda, ed alle genti svela
di che lagrime grondi e di che sangue;
e l'arca di colui che nuovo Olimpo
alzò in Roma a' Celesti; e di chi vide
sotto l'etereo padiglion rotarsi
piú mondi, e il Sole irradïarli immoto,
onde all'Anglo che tanta ala vi stese
sgombrò primo le vie del firmamento:
- Te beata, gridai, per le felici
aure pregne di vita, e pe' lavacri
che da' suoi gioghi a te versa Apennino!
Lieta dell'aer tuo veste la Luna
di luce limpidissima i tuoi colli
per vendemmia festanti, e le convalli
popolate di case e d'oliveti
mille di fiori al ciel mandano incensi:
e tu prima, Firenze, udivi il carme
che allegrò l'ira al Ghibellin fuggiasco,
e tu i cari parenti e l'idïoma
dèsti a quel dolce di Calliope labbro
che Amore in Grecia nudo e nudo in Roma
d'un velo candidissimo adornando,
rendea nel grembo a Venere Celeste;
ma piú beata che in un tempio accolte
serbi l'itale glorie, uniche forse
da che le mal vietate Alpi e l'alterna
onnipotenza delle umane sorti
armi e sostanze t' invadeano ed are
e patria e, tranne la memoria, tutto.
Che ove speme di gloria agli animosi
intelletti rifulga ed all'Italia,
quindi trarrem gli auspici. E a questi marmi
venne spesso Vittorio ad ispirarsi.
Irato a' patrii Numi, errava muto
ove Arno è piú deserto, i campi e il cielo
desïoso mirando; e poi che nullo
vivente aspetto gli molcea la cura,
qui posava l'austero; e avea sul volto
il pallor della morte e la speranza.
Con questi grandi abita eterno: e l'ossa
fremono amor di patria. Ah sí! da quella
religïosa pace un Nume parla:
e nutria contro a' Persi in Maratona
ove Atene sacrò tombe a' suoi prodi,
la virtú greca e l'ira. Il navigante
che veleggiò quel mar sotto l'Eubea,
vedea per l'ampia oscurità scintille
balenar d'elmi e di cozzanti brandi,
fumar le pire igneo vapor, corrusche
d'armi ferree vedea larve guerriere
cercar la pugna; e all'orror de' notturni
silenzi si spandea lungo ne' campi
di falangi un tumulto e un suon di tube
e un incalzar di cavalli accorrenti
scalpitanti su gli elmi a' moribondi,
e pianto, ed inni, e delle Parche il canto.

Felice te che il regno ampio de' venti,
Ippolito, a' tuoi verdi anni correvi!
E se il piloto ti drizzò l'antenna
oltre l'isole egèe, d'antichi fatti
certo udisti suonar dell'Ellesponto
i liti, e la marea mugghiar portando
alle prode retèe l'armi d'Achille
sovra l'ossa d'Ajace: a' generosi
giusta di glorie dispensiera è morte;
nè senno astuto nè favor di regi
all'Itaco le spoglie ardue serbava,
chè alla poppa raminga le ritolse
l'onda incitata dagl'inferni Dei.


E me che i tempi ed il desio d'onore
fan per diversa gente ir fuggitivo,
me ad evocar gli eroi chiamin le Muse
del mortale pensiero animatrici.
Siedon custodi de' sepolcri, e quando
il tempo con sue fredde ale vi spazza
fin le rovine, le Pimplèe fan lieti
di lor canto i deserti, e l'armonia
vince di mille secoli il silenzio.
Ed oggi nella Troade inseminata
eterno splende a' peregrini un loco,
eterno per la Ninfa a cui fu sposo
Giove, ed a Giove diè Dàrdano figlio,
onde fur Troia e Assàraco e i cinquanta
talami e il regno della giulia gente.
Però che quando Elettra udí la Parca
che lei dalle vitali aure del giorno
chiamava a' cori dell'Eliso, a Giove
mandò il voto supremo: - E se, diceva,
a te fur care le mie chiome e il viso
e le dolci vigilie, e non mi assente
premio miglior la volontà de' fati,
la morta amica almen guarda dal cielo
onde d'Elettra tua resti la fama. -
Cosí orando moriva. E ne gemea
l'Olimpio: e l'immortal capo accennando
piovea dai crini ambrosia su la Ninfa,
e fe' sacro quel corpo e la sua tomba.
Ivi posò Erittonio, e dorme il giusto
cenere d'Ilo; ivi l'iliache donne
sciogliean le chiome, indarno ahi! deprecando
da' lor mariti l'imminente fato;
ivi Cassandra, allor che il Nume in petto
le fea parlar di Troia il dí mortale,
venne; e all'ombre cantò carme amoroso,
e guidava i nepoti, e l'amoroso
apprendeva lamento a' giovinetti.
E dicea sospiranda: - Oh se mai d'Argo,
ove al Tidíde e di Läerte al figlio
pascerete i cavalli, a voi permetta
ritorno il cielo, invan la patria vostra
cercherete! Le mura, opra di Febo,
sotto le lor reliquie fumeranno.
Ma i Penati di Troia avranno stanza
in queste tombe; chè de' Numi è dono
servar nelle miserie altero nome.
E voi, palme e cipressi che le nuore
piantan di Priamo, e crescerete ahi presto
di vedovili lagrime innaffiati,
proteggete i miei padri: e chi la scure
asterrà pio dalle devote frondi
men si dorrà di consanguinei lutti,
e santamente toccherà l'altare.
Proteggete i miei padri. Un dí vedrete
mendico un cieco errar sotto le vostre
antichissime ombre, e brancolando
penetrar negli avelli, e abbracciar l'urne,
e interrogarle. Gemeranno gli antri
secreti, e tutta narrerà la tomba
Ilio raso due volte e due risorto
splendidamente su le mute vie
per far piú bello l'ultimo trofeo
ai fatati Pelídi. Il sacro vate,
placando quelle afflitte alme col canto,
i prenci argivi eternerà per quante
abbraccia terre il gran padre Oceàno.
E tu onore di pianti, Ettore, avrai,
ove fia santo e lagrimato il sangue
per la patria versato, e finchè il Sole
risplenderà su le sciagure umane.



________________

NOTE


Ho desunto questo modo di poesia da' Greci i quali dalle antiche tradizioni traevano sentenze morali e politiche, presentandole non al sillogismo de' lettori, ma alla fantasia ed al cuore. Lasciando agl'intendenti di giudicare sulla ragione poetica e morale di questo tentativo, scriverò le seguenti note onde rischiarare le allusioni alle cose contemporanee, ed indicare da quali fonti ho ricavato le tradizioni antiche.

Vers. 8.

il verso
e la mesta armonia che lo governa,

Epistole, e poesie campestri d'Ippolito Pindemonte.

Vers. 44.

fra 'l compianto de' templi acherontei,

« Nam jam saepe homines patriam carosque parenteis
prodiderunt vitare, Acherusia Templa petentes ». (1)
E chiamavano templa anche i cieli. (2)

Vers. 57.


i canti
che il lombardo pungean Surdanapalo,

Il Giorno di Giuseppe Parini.

Vers. 64.

fra queste piante ov'io siedo

Il boschetto de' tigli nel subborgo orientale di Milano.

Vers. 70.

fra plebei tumuli

Cimiteri suburbani a Milano.

Vers. 97.

Testimonianza a' fasti eran le tombe,

Se gli Achei avessero innalzato un sepolcro ad Ulisse, oh quanta gloria ne sarebbe ridondata al suo figliuolo! (3)

Vers. 98.


are a' figli;

« Ergo instauramus Polydoro funus, et ingens
aggeritur tumulo tellus; stant manibus Arae
coeruleis moestae vittis atraque cupresso ». (4)

Uso disceso sino a' tempi tardi di Roma, come appare da molte iscrizioni funebri.

Vers. 98.

uscian quindi i responsi
de' domestici Lari,

« Manes animae dicuntur melioris meriti quae in corpore nostro Genii dicuntur; corpori renuntiantes, Lemures; cum domos incursionibus infestarent, Larvae; contra si faventes essent, Lares familiares ». (5)

Vers. 117.

prezïosi
vasi accogliean le lacrime votive, e seg.

I vasi lacrimatorii, le lampade sepolcrali, e i riti funebri degli antichi.

Vers. 125.

amaranti educavano e vïole
su la funebre zolla;

« Nunc non e manibus illis,
nunc non e tumulo fortunataque favilla
nascentur violae? ». (6)

Vers. 126.

e chi sedea
a libar latte

Era rito de' supplicanti e de' dolenti di sedere presso l'are e i sepolcri.

« Illius ad tumulum fugiam supplexque sedebo,
et mea cum muto fata querar cinere ». (7)

Vers. 128.

una fragranza intorno
sentìa qual d'aura de' beati Elisi.

« Memoria Josiae in compositione unguentorum facta pus pigmentarii ». (8)

E in un'urna sepolcrale

ΕΝ ΜΥΡΟΙΣ
ΣΟ ΤΕΚNON
H ΨΥΧH

«Negli unguenti, o figliuol, l'anima tua ». (9)

Vers. 131.

alle britanne
vergini

Vi sono de' grossi borghi e delle piccole città in Inghilterra, dove precisamente i campi santi offrono il solo passeggio pubblico alla popolazione; vi sono sparsi molti ornamenti e molta delizia campestre. (10)

Vers. 134.

al prode
che tronca fe' la trionfata nave
del maggior pino, e si scavò la bara.

L'ammiraglio Nelson prese in Egitto a' francesi l'Oriente vascello di primo ordine, gli tagliò l'albero maestro, e del troncone si fabbricò la bara, e la portava sempre con sé.

Vers. 154.

il monumento vidi ove posa il corpo di quel grande, e seg.

Mausolei di Niccolò Macchiavelli; di Michelangelo, architetto del Vaticano; di Galileo precursore del Newton, e d'altri grandi nella chiesa di S. Croce in Firenze.

Vers. 173.

e tu prima, Firenze, udivi il carme che allegrò l'ira al Ghibellin fuggiasco,

È parere di molti storici che la Divina Commedia fosse stata incominciata prima dell'esilio di Dante.

Vers. 175.

i cari parenti e l'idïoma
desti a quel dolce di Calliope labbro

Il Petrarca nacque nell'esilio di genitori fiorentini.

Vers. 179.

Venere Celeste.

Gli antichi distingueano due Veneri: una terrestre e sensuale, l'altra celeste e spirituale; (11) ed aveano riti e sacerdoti diversi.

Vers. 190.


Irato a' patrii Numi, errava muto
ove Arno è più deserto . . . . .

Così io scrittore vidi Vittorio Alfieri negli ultimi anni della sua vita. Giace in Santa Croce.

Vers. 200.


ove Atene sacrò tombe a' suoi prodi,

Nel campo di Maratona è la sepoltura degli Ateniesi morti nella battaglia: e tutte le notti vi s'intende un nitrir di cavalli, e veggonsi fantasmi di combattenti. (12)

Nel campo di Maratona veggonsi sparsi assai tronchi di colonne e reliquie di marmi, e cumuli di pietre, e un tumulo, fra gli altri, simile a quelli della Troade. (13) — L'isola d'Eubca siede rimpetto alla spiaggia ove sbarcò Dario.

Vers. 212.

delle Parche il canto.

« Veridicos Parcate cocperunt edere cantus ». (14)

Le Parche cantando vaticinavano le sorti degli uomini nascenti e de' morenti.

Vers. 217.

dell'Ellesponto
i liti,

Gli Achei innalzino a' loro eroi il sepolcro presso l'ampio Ellesponto, onde posteri navigatori dicano: Questo è il monumento d'un prode anticamente morto. (15) E noi dell'esercito sacro de' Danai ponemmo, o Achille, le tue reliquie con quelle del tuo Patroclo, edificandoti un grande ed inclito monumento ove il lito è più eccelso nell'ampio Ellesponto, acciocché dal lontano mare si manifesti agli uomini che vivono e che vivranno in futuro. (16)

Vers. 219.

alle prode rotèe l'armi d'Achille
sovra l'ossa d'Aiace:

Lo scudo d'Achille innaffiato del sangue di Ettore fu con iniqua sentenza aggiudicato al Laerziade; ma il mare lo rapì al naufrago facendolo nuotare non ad Itaca, ma alla tomba d'Aiace; e manifestando il perfido giudizio de' Danai, restituì a Salamina la dovuta vittoria. (17) Ho udito che questa fama delle armi portate dal mare sul sepolcro del Telamonio prevaleva presso gli Eolii che posteriormente abitarono Ilio. (18) — Il promontorio Reteo che sporge sul Bosforo Tracio è celebre presso tutti gli antichi per la tomba d'Aiace.

Vers. 236.

eterno.... un loco

I recenti viaggiatori alla Troade scopersero le reliquie del sepolcro d'Ilo antico Dardanide. (19)

Vers. 238.

la Ninfa a cui fu sposo
Giove, ed a Giove dié Dàrdano figlio

Tra le molte origini de' Dardanidi, trovo in duc scrittori greci (20) che da Giove e da Elettri figlia d'Atlante nacque Dardano. Genealogia accolta da Virgilio e da Ovidio. (21)

Vers. 255.


l'iliache donne
sciogliean le chiome,

Uso di quelle genti nell'esequie e nelle inferie.

« Stant Manibus aras.
Et circum Iliades criuem de more solutae ». (22)

Vers. 258.


Cassandra

« Fatis aperit Cassandra futuris
ora, Dei jussu, non unquam credita Teucris ». (23)

Vers. 280.

mendico nun cieco...

Omero ci tramandò la memoria del sepolcro d'Ilo. (24) È celebre nel mondo la povertà e la cecità del sovrano poeta;

« Quel sommo
d'occhi cieco, e divin raggio di mente,
che per la Grecia mendicò cantando:
solo d'Ascra venian le fide amiche
esulando con esso, e la mal certa
con le destre vocali orma reggendo;
cui poi tolto alla terra, Argo ad Atene,
e Rodi a Smirna cittadin contende,
e patria ei non conosce altra che il cielo ». (25)

Poesia di un giovane ingegno nato alle lettere e caldo d'amor patrio: la trascrivo per tutta lode, e per mostrargli quanta memoria serbi di lui il suo lontano amico.

Vers. 285.

Ilio raso due volte

Da Ercole, (26) e dalle Amazoni. (27)

Vers. 288.

ai fatati Pelidi.

Achille, e Pirro ultimo distruttore di Troia.


________________

(1) Lucrezio, lib. III, 85.

(2) Terenzio, Eunuco, att. III, sc. 5; ed Ennio presso Varrone, de L. L., lib. VI.

(3) Odissea, lib. XIV, 369.

(4) Virg., Eneid., lib. III, 62; ibid. 305; lib. VI, 177, Ara Sepulcri.

(5) Apuleio, de Deo Socratis.

(6) Persio, sat. I, 38.

(7) Tibullo, lib. II, eleg. VIII.

(8) Ecclesiastic., cap. XLIX, I.

(9) Iscrizioni antiche illustrate dall'ab. Gaetano Marini, pag. 184.

(10) Ercole Silva, Arte de' giardini inglesi, pag. 327.

(11) Platone, nel Convito: e Teocrito, epigram. XIII.

(12) Pausania, Viaggio nell'Attica, c. XXXII.

(13) Voyage dans l'Empire Ottoman, l'Egypte et la Perse, par G. A. Olivier, tom. VI, c. 13.

(14) Catullo, Nozze di Tetide, vers. 306.

(15) Iliade, lib. VII, 86.

(16) Odissea, lib. XXIV, 76 c i versi seguenti.

(17) Analecta veterum Poetarum, editore Brunck, vol. III, epigram. anonimo CCCXC.

(18) Pausania, Viaggio nell'Attica, cap. XXXV.

(19) Le-Chevalier, Voyage dans la Troade, seconda ediz. — Notizie d'un viaggio a Costantinopoli dell'ambasciatore inglese Liston, di Mr. Hawkins e del Dr. Dallaway.

(20) Lo scoliaste antico di Licofrone, al v. 19. — Apollodoro, Biblioth., lib. III, cap. XII.

(21) Eneide, lib. VIII, 134. - Fasti, lib. IV, 31.

(22) Virgilio, Eneide, lib. III, 65.

(23) Virgilio, Eneide, lib. II, 2-16.

(24) Iliade, lib. XI, 166.

(25) Versi d'Alessandro Manzoni in morte di Carlo Imbonati.

(26) Pindaro, Istmica V, epod. 2.

(27) Iliade, lib. III, 189.

Friday, March 20, 2009

ΟΔΥΣΣΕΑΣ ΕΛΥΤΗΣ



ΟΔΥΣΣΕΑΣ ΕΛΥΤΗΣ

ΟΙ ΚΛΕΨΥΔΡΕΣ ΤΟΥ ΑΓΝΩΣΤΟΥ


              Les temps est si clair que
              je tremble qu'il ne finisse...
                     ANDRE BRETON

                Στον Ανδρέα Εμπειρίκο


α΄

Θυμώνει ο ήλιος, ο ίσκιος του αλυσοδεμένος κυνηγάει τη
       θάλασσα
Ένα σπιτάκι, δυο σπιτάκια, η φούχτα που άνοιξε από τη δροσιά
       και μυρώνει τα πάντα
Φλόγες και φλόγες τριγυρνούν ξυπνώντας τις κλειστές πόρτες
       των γέλιων
Είναι καιρός να γνωριστούνε οι θάλασσες με τους κινδύνους
Τί θέλετε ρωτά η αχτίδα, και τί θέλετε ρωτά η ελπίδα
       κατεβάζοντας τ' άσπρο της ποκάμισο
Μα ο άνεμος στέρεψε τη ζέστη, δυο μάτια σκέπτονται
Και δεν ξέρουν που να καταλήξουν είναι τόσο πυκνό το μέλλον
       τους

Μια μέρα θά 'ρθει που ο φελλός θα μιμηθεί την άγκυρα και
       θα κλέψει τη γεύση του βυθού
Μια μέρα θά ‘ρθει που ο διπλός εαυτός τους θα ενωθεί
Πιο πάνω ή πιο κάτω από τις κορυφές που εράγισε
       το αποψινό τραγούδι
Του Εσπέρου, δεν έχει σημασία, η σημασία είναι άλλου

Ένα κορίτσι, δυο κορίτσια, γέρνουν στα γιασεμιά τους κι
       αφανίζονται
Μένει ένα ρυάκι να τα εξιστορήσει μα έσκυψαν
       να πιουν εκεί ακριβώς οι νύχτες
Μεγάλα περιστέρια και μεγάλα αισθήματα καλύπτουν τη σιγή
       τους
Φαίνεται πως το τέτοιο πάθος τους είναι ανεπανόρθωτο
Και κανείς δεν ξέρει αν έρθει ο πόνος να γδυθεί μαζί τους
Σπανίζουνε οι παγίδες, άστρα γνέφουνε στους εραστές τα μάγια
       τους
Όλα σκιρτούνε, συσπειρώνονται – ήρθε φαίνεται πια η
       αθανασία
Που ζητάνε τα χέρια σφίγγοντας τη μοίρα τους
       που άλλαξε σώμα κι έγινε άνεμος
Δυνατός – η αθανασία φαίνεται ήρθε.

β'

Υπερήφανα χόρτα, ο φίλος έχασε το φίλο του, όλα εκεί
       αναπαύονται
Μια σκληρή φωνή κατοίκησε σ' αυτή την πεδιάδα
Μια βουλιαγμένη σαύρα σύρθηκε στην επιφάνεια
Εσείς πού ήσαστε όταν κόπηκε ο λαιμός μιας τέτοιας
       μέρας
Πού ήσαστε, φύλλα με φύλλα, σιγοπερπατάει ο κόσμος
Σκάζουν τα φρούτα στο κατώφλι ενός λυγμού
Κανείς δεν αποκρίνεται

Ω μεθυσμένο μονοπάτι που έψαξες έψαξες την
       τρυφερότητα
Στα δάχτυλα του κόπου και σε τρόμαξαν οι αυγές
       που χάραζαν
Ριψοκινδυνεύοντας το φως τους τυλιγμένο δάσος
       κάτω απ' τη σιωπή.

Μήτε ριγμένα ζάρια δεν ξαμώνουν κατά τέτοιο τρόπο
       την έμπνευση
Μήτε στυμμένοι θόρυβοι δεν εξαντλούνε κατά τέτοιο
       τρόπο την πνοή
Πολύχρωμα φουγάρα πέμπουνε την άπιαστη μελαγχολία τους
Στις αψίδες που τρέμουν, τρέμουν τα πουλιά επιδίδονται
       στο μέτρημα των ονείρων τους
Ακούγεται η κωπηλασία στην τέφρα που άφησε σημάδια
       νεότητας
Και κανείς δεν ξέρει από που ανοίγει αυτό το στήθος
Και κανείς δεν ξέρει από πότε άρχισε να ζει
Στις σγουρές αγωνίες τους νιώθουνται οι φωνές
       αποκεφαλισμένες
Που τρυπούνε το έδαφος πύρινα κλαδιά μιας πολιτείας
       υδάτινης

Ω Γαλήνη που λύνεσαι, ρευστή παρουσία στις κόρες των ματιών
Στις άρπαγες του ύπνου στα μελίσσια των χωρών της θύμησης!

γ΄

Πιο μακριά πολύ μακριά το πράο τραπεζομάντιλο – η
       συνάντηση
Καλημέρα ποταμάκι μου, είμαι μονάχος, είμαστε
       κι οι δυο μονάχοι μας
Τα κρύσταλλα ευωδιάσανε, τώρα μας λείπει μόνο
       ένα καράβι
Ένα μαντίλι μόνο για να διαγνώσουμε το τέλος
Γιατί τόσους φακέλους έλαβα γεμάτους σύννεφα
       και θύελλες
Που διψώ ένα στόμα να μου πει: ουρανός, και να
       πλεύσουμε μαζί στο δέλτα των ελπίδων...

Έτσι θα βγούμε απ' το μυαλό μας, οι κισσοί μεγάλωσαν
       τους τοίχους του απογέματος
Με άμμο βαφτίστηκαν τα λόγια στις καρίνες βάφτηκαν
       κατράμι έτοιμα
Να σαλπάρουν αν τους πει ο Έρωτας – τα λόγια

Ω ποταμάκι ποταμάκι, καλημέρα του ήλιου απάνθισμα
       της εξοχής
Κατά πού θαυμάζεται ο άνεμος πες μου κατά πού ξεχύνονται
       οι κελαηδισμοί
Ποιά όχθη αρέσουν, σήμερα είμαι νέος
Είμαι καλός ως τις πηγές του γέλιου μου, εκτοξεύω
       χίμαιρες
Ριπίδια δυσανάγνωστα, τεφτέρια κάτασπρα καμωμένα
       γι' αγγέλους
Κι από κάθε αδιαφορία σέρνεται μια ξεσχισμένη ευχή
Που μαζεύω– σήμερα είμαι νέος, αυτό μου αρκεί
Αυτό μου δίνει το αίμα μου πιο κόκκινο, ένα χελιδόνι
       κόκκινο ένα γράψιμο κόκκινο
Θά ‘ρθουν πολλές γυναίκες να το μοιραστούν ώσπου να γίνουν
       διάφανες
Θά ‘ρθουν πολλές ματαιότητες για να τις μοιραστούνε
Η εύθυμη φασαρία μοιάζει ατέλειωτη, σπίθες αγγίζουν
       τα μετέωρα μέτωπα
Κι όλο το μυστικό αληθεύεται σιγά σιγά, γλυκά γλυκά
       γίνεται μέρα
Σώμα ζωντανό, ύπαρξη, άνθρωπος.

δ'

Ποιο μέταλλο να είν' αυτό που κρυώνει τα μάτια ποια
       χαμένη νεότητα
Που μαζεύει το έλεος λίγων στιγμών σε μια κλωστή
       ασυγκίνητη –ποια νά ’ναι
Δέντρα σώπασαν, πέτρες μοιάσανε στις πέτρες, καβαλάρηδες
       έφυγαν
Ψάχνουν τα μάνταλα μιας άλλης πύλης μα ποια να ’ναι αυτή
Σε ποιο καρδιόχτυπο άραγε να βρίσκεται, κλείνουν οι ελπίδες
τα παράθυρα, βραδιάζει ο πόνος
Ποιος είναι εδώ, κανείς δεν είναι –χώμα ηχολογάει το χώμα

Κι όμως πρέπει να βρει ένα νόμισμα η ζωή

Αφού δεν είναι ο ερωτάς, αφού δεν είναι ο ερωτάς
Ο έρωτας ποιος είναι – η ζωή μετριέται με σφυγμούς,
       η χαρά με απέλπιδες χειρονομίες
Μύλοι απάνω στις κορφές άσπρισαν τα ταξίδια τους
        της εσπέρας
Φεγγίζουν γοητείες στα μάκρη, μια βαρκούλα χάνεται
       ευχαριστημένη
Κανένα κύμα δεν κρατάει στο στήθος του κακία
Οι άνθρωποι μοιάζουν, παρομοιάζουνται με τις κραυγές
       των φάρων
Φεύγουνε για να παν αλλού και βγαίνουνε στη θάλασσα
Ποια θάλασσα νά ’ναι αυτή που δε θυμάται τις λευκές
       στιγμές της μα ξαναμασάει τα λόγια της
Λύπες που γίνανε σεντόνια και χτυπούν στον άνεμο
       για να στεγνώσουν, και ξαναχτυπούν
στον άνεμο για νά ‘ναι οι γλάροι
Δίπλα τους, στο πλευρό τους, ποιες να είν' αυτές
Ποιος κόπος ήμερος, ποια σπασμένη ενότητα,
       ποιος θρήνος

Ω χαρά τραυματισμένη, μιας στιγμής χωρητικότητα
       που κλονίζει αιώνες!

ε΄

Είναι κοντά η πτυχή του ανέμου που θροεί τον γαλάζιο της
       περιστερεώνα – η χυμώδης πτυχή
Που ζυγίζει στο χνούδι της ερεθισμένες αιώρες
Όταν τα γέλια μυτερά σπάνε τα τσόφλια της αυγής
       αγγέλνοντας το ηλιόβγαλμα
Κι όλο το πρόσωπο της γης λάμπει από μαργαρίτες
Όχι, δεν είναι σήμερα η στερνή μας λέξη, δεν τελειώνει
       ο κόσμος
Δε λιώνει σήμερα η ελπίδα μου, με χλωρά σπαρτά
       γεμίζει τις φωλιές των ήχων

Εύθυμα στόματα φίλησαν κορίτσια, στα κεράσια κρέμασαν
       την ηδονή
Δέντρα μεγάλα στάζουνε ήλιο είναι άκακα και σκέπτονται
       σαν ίσκιοι πού τρέχουνε
Για κάτι ωραίο –σήμερα είναι ωραίο το προβαλλόμενο δράμα
Δροσερό μεσημέρι αφησμένο σαν βάρκα που έπλευσε όλο πάθος
Στοιβαγμένη τραγούδια και σινιάλα που τρέμουν σαν
       βουνοκορφές
Μακριά μακριά είναι οι μαρμάρινες επαύλεις των γυμνών
       γυναικών
Η καθεμιά τους ήτανε άλλοτε σταγόνα
Η καθεμιά τους είναι τώρα φως
Περνούνε το φουστάνι τους όπως περνά η μουσική
       στους λόφους το στεφάνι της
Και ζούνε μες στον ύπνο τους κισσούς που ζώνουν
Μακριά μακριά είναι οι καπνοί των λουλουδιών οι οριζόντιες
       λίμνες των ναρκίσσων
Τιμονιέρηδες κεφάτοι οδηγούν εκεί τα σκάφη των γοητειών
Γερμένοι στο 'να τους πλευρό – τ' άλλο τους είναι θαλερός
       τόπος ευωχιών
Τόσες δα μέλισσες και τόσες δα κλεψύδρες ιστορούνε
       κι υφαίνουνε το ανθρώπινο είδος

Σ' ένα πελώριο διάστημα χύνεται το φως
Γεμίζει οράματα γλυπτά κι είδωλα φέγγους
Είναι τα μάτια πια που κυριαρχούν – η γη τους είναι
       απλή και κορυφαία
Καλοσύνης κοιτάσματα ένα ένα, σαν φλουριά κομμένα
       μες στον ήλιο
Μες στα χείλια, μες στα δόντια, ένα ένα τ' αμαρτήματα
Της ζωής, αγαθά ξεφλουδισμένα.

ς'

Νυχτερινό υφαντούργημα
Των κρίνων φλοίσβος που γυμνώνει τ' αυτιά και
       διασκορπίζεται
Νιώθω στους ώμους της ζωής το σκίρτημα που βιάζεται
       ν' αδράξει το έργο
Νιότη που θέλει άλλη μια ευκαιρία αιωνιότητας
Και στην εύνοια των ανέμων ρίχνει το κεφάλι της
       αδιαφορώντας

Υπάρχει ένα στήθος που χωράει τα πάντα, μουσική
       που κυριεύει στόμα που ανοίγει
Σ' άλλο στόμα – κόκκινο παιγνίδι κλαδεμένο απ' τον
       ίλιγγο
Ακόμα ένα φιλί και θα σου πω για ποιο σκοπό
       τις σιωπές μου μάτωσα έτσι
Ακόμα ένα χιλιόμετρο και θα σου δείξω γιατί βγήκα
       σ' ένα τέτοιο αγνάντεμα
Όπου παθαίνεται ο λυγμός ζητώντας άλλ' αστέρια
Ψάχνοντας με φθαρτές χειρονομίες την άμμο που άφησαν
ανασκαμμένη των ερώτων οι σπασμοί

Δόθηκαν τα φτερά στα δευτερόλεπτα
Φεύγει ο κόσμος, άλλος έρχεται, στην παλάμη του
       διαβάζει ρόδα και γιορτές
Φεύγει ο κόσμος, είμαι σ' ένα κύμα του, εμπιστεύομαι
       όλος στη φορά του
Μέτωπα φέγγουν, δάχτυλα ερευνούν τον ύπνο που
       πιστεύουνε
Μα ποια βουή, ποιο σπήλαιο είναι αυτό που καλεί
       την αγνότητα
Γλάρου στιγμή οριζόντια επάνω από τα πάθη, βάρκα
       ευτυχισμένη ορμητήριο αναπάντεχο
Θα βγω στις άσπρες πύλες του μεσημεριού χτυπώντας
       με λαλιές τα γαλανά αναστάσιμα
Κι όλα τα κρύα νησιά θ' ανάψουν τα μαλλιά τους για
       να σεργιανίσουν
Με αθώες φλόγες και με βότσαλα τα ερωτικά πελάγη
Θα μηνύσω στα γυμνά καλοκαίρια την πιο σίγουρη στιγμή
       της πλώρης
Που χαρούμενη σχίζει τις υγρές ελπίδες των απλών
       καλών ανθρώπων.

ζ΄

Στην άγνοια ξεκουράζεται ο ουρανός
Στην κουπαστή του ύπνου ο άνθρωπος
Τυχερός αιχμάλωτος μιας φλόγας που αθωώνεται
       γράφοντας τ' αρχικά της στο σκοτάδι
Απλωμένο σ' άλλον κόσμο των κλειστών βλεφάρων
       προνομιούχο

Πιο κοντά στην κλειδαριά
Μεγάλου μυστικού που ανύποπτο σαλεύει προς τη λύτρωση
Εφαρμόζει ο πόθος τις εικόνες του, ζωή που υπάρχει
       σ' άλλη ζωή
Αίμα που τρέχει από τα μάτια μου, στις πράξεις
       των ηρώων του (άστρο εχέμυθο)
Και τρέμει ο μόχθος των χεριών μου, υψώνεται
       ώς τα χρώματα του θυρεού της λήθης
Βλέπω το γέλιο που έγραψε τη μοίρα του
Βλέπω το χέρι που έδωσε το ρίγος του
Και τυλίγομαι σύννεφα που εύκολα ξεδιαλύνει
       μια φτυαριά ουρανού καθάριου.

Έμπιστο φως ξαναγεμίζεις το άλσος μου, έτοιμος είμαι στο
       προσκάλεσμά σου
Είμαστε δυο, και παρακάτω η ακροθαλασσιά πάλι με τις
       πιο γνώριμες κραξιές των γλάρων
Όπου κι αν βάλω πλώρη εδώ αράζω, το σκοτάδι
       με χρωστάει στο φως
Η γη στη θάλασσα, ή φουρτούνα στη γαλήνη

Κρεμασμένος απ' τα κρόσσια μιας αυγής που εξάγνισε
       τα νύχτια παρελθόντα
Γεύομαι τους καινούριους ήχους, άθλους της δροσιάς
       που επίστεψαν στα δέντρα
Μια χλωρή παρουσία προχωράει στις ρίζες της κι αποκτάει
       τη μέρα
Σαν καρδιά που μπαίνει πια στη θέση της
Σαν γυναίκα που νιώθει πια τα νιάτα της
Και χαρίζει ανοίγοντας τους κόσμους των ματιών της
       ηδονή ανεξάντλητη
Μέρα ξανθή, του ήλιου ανταμοιβή και του Έρωτα.


Από τη συλλογή: «Προσανατολισμοί».
Από το βιβλίο: Οδυσσέας Ελύτης, «Ποίηση», Ίκαρος, Άθήνα 2002 , σελ. 29–36.

Saturday, March 14, 2009

ALFONSINA STORNI (1892-1938)




El cisne enfermo

Hay un cisne que muere cercado en un palacio.
Un cisne misterioso de ropaje de seda
que en vez de deslizarse en la corriente leda
se estanca fatigado de mirar el espacio.

El cisne es un enfermo que adora al dios de oro;
el sol, padre de razas, fecunda su agonía.
por eso su tristeza es una sinfonía
de flores que se entreabren en las sombras del lloro.

Tiene el pecho cruzado por un loco puñal,
gota a gota su sangre se diluye en el lago
y las aguas azules se encantarán bajo el mago
poder de los rubíes que destila su mal.

El alma de este cisne es una sensitiva...
no levantéis la voz al lado del estanque
si no queréis que el cisne con el pico se arranque
el puñal que sostiene su existencia furtiva.

Cuentan viejas leyendas que está enfermo de amor.
Que el corazón enorme se le ha centuplicado
y que tiene en la entraña como El Crucificado
un dolor que cobija todo humano dolor.

Y cuentan las leyendas que es un cisne-poeta...
Que la magia del ritmo le ha ungido la garganta
y canta porque sí, como el arroyo canta
la rima cristalina de su corriente inquieta.
..................................................................

Yo he soñado una noche que el viejo palacio
era el cisne cansado de mirar el espacio.



***********************


Dulce tortura


Polvo de oro en tus manos fue mi melancolía
sobre tus manos largas desparramé mi vida;
mis dulzuras quedaron a tus manos prendidas;
ahora soy un ánfora de perfumes vacía.

Cuánta dulce tortura quietamente sufrida
cuando, picada el alma de tristeza sombría,
sabedora de engaños, me pasaba los días
¡besando las dos manos que me ajaban la vida!


*********************************


Carta lÍrica a otra mujer


Vuestro nombre no sé, ni vuestro rostro
conozco yo, y os imagino blanca,
débil como los brotes iniciales,
pequeña, dulce... Ya ni sé... Divina,
en vuestros ojos, placidez de lago
que se abandona al sol y dulcemente
le absorbe su oro mientras todo calla.

Y vuestras manos, finas, como aqueste
dolor, el mío, que se alarga, se alarga,
y luego se me muere y se concluye
así, como lo veis, en algún verso.

Ah, ¿sois así? Decidme si en la boca
tenéis un rumoroso colmenero,
si las orejas vuestras son a modo
de pétalos de rosa ahuecados...

Decidme si lloráis, humildemente,
mirando las estrellas tan lejanas
y si en las manos tibias se os duermen
palomas blancas y canarios de oro.

Porque todo eso y más, vos sois, sin duda
vos, que tenéis el hombre que adoraba
entre las manos dulces, vos la bella
que habéis matado, sin saberlo acaso,
toda esperanza en mí... Vos, su criatura.

Porque él es todo vuestro: cuerpo y alma
estáis gustando del amor secreto
que guardé silencioso... Dios lo sabe
por qué, que yo no alcanzo a penetrarlo.

Os lo confieso que una vez estuvo
tan cerca de mi brazo, que a extenderlo
acaso mía aquella dicha vuestra
me fuera ahora... Sí, acaso mía...

Mas ved, estaba el alma tan gastada
que el brazo mío no alcanzó a extenderse:
la sed divina, contenida entonces,
me pulió el alma....Y él ha sido vuestro!

¿Comprendéis bien? Ahora, en vuestros brazos
él se estremece y le decís palabras
pequeñas y menudas que semejan
pétalos volanderos y muy blancos.

¡Oh, ceñidle la frente! ¡Era tan amplia!
Arrancaban tan firmes los cabellos
a grandes ondas, que a tenerla cerca,
no hiciera yo otra cosa que ceñirla!

Luego dejad que en vuestras manos vaguen
los labios suyos; él me dijo un día
que nada era tan dulce al alma suya
como besar las femeninas manos...

Y acaso, alguna vez, yo, la que anduve
vagando por afuera de la vida,
-como aquellos filósofos mendigos
que van a las ventanas señoriales
a mirar sin envidia toda fiesta-

me allegue alguna vez a vuestro lado
y con palabras quedas, susurrantes,
os pida vuestras manos un momento,
para besarlas, yo, cómo él las besa...

Y al recubrirlas, lenta, lentamente,
vaya pensando: aquí se aposentaron
¿cuánto tiempo, sus labios, cuánto tiempo
en las divinas manos que son suyas?

Oh, qué amargo deleite, este deleite
de buscar huellas suyas y seguirlas
sobre las manos vuestras tan sedosas,
tan finas, con las venas tan azules!

Oh, que nada podría, ni ser suya,
ni dominarle el alma, ni tenerlo
rendido aquí a mis pies, recompensarme
este horrible deleite de ser mío
un inefable, apasionado rastro...

Y allí en vos misma, sí, pues sois barrera,
barrera ardiente, viva, que al tocarla
ya me remueve este cansancio amargo,
este silencio de alma en que me escudo,

este dolor mortal en que me abismo
esta inmovilidad del sentimiento,
que sólo salta bruscamente cuando
nada es posible!


**********************


Odio

Oh, primavera de las amapolas,
tú que floreces para bien mi casa,
luego que enjoyes las corolas,
pasa.

Beso, la forma más voraz del fuego,
clava sin miedo tu endiablada espuela,
quema mi alma, pero luego,
vuela.
Risa de oro que movible y loca
sueltas el alma, de las sombras, presa,
en cuanto asomes a la boca,
cesa.

Lástima blanda del error amante
que a cada paso el corazón diluye,
vuelca tus mieles y al instante,
huye.

Odio tremendo, como nada fosco,
odio que truecas en puñal la seda,
odio que apenas te conoz


***************************


Presentimiento


Tengo el presentimiento que he de vivir muy poco.
Esta cabeza mía se parece al crisol,
Purifica y consume.
Pero sin una queja, sin asomo de horror,
Para acabarme quiero que una tarde sin nubes,
Bajo el límpido sol,
Nazca de un gran jazmín una víbora blanca
Que dulce, dulcemente, me pique el corazón.


************************


Frente al mar


Oh mar, enorme mar, corazón fiero
De ritmo desigual, corazón malo,
Yo soy más blanda que ese pobre palo
Que se pudre en tus ondas prisionero.

Oh mar, dame tu cólera tremenda,
Yo me pasé la vida perdonando,
Porque entendía, mar, yo me fui dando:
"Piedad, piedad para el que más ofenda".

Vulgaridad, vulgaridad me acosa.
Ah, me han comprado la ciudad y el hombre.
Hazme tener tu cólera sin nombre:
Ya me fatiga esta misión de rosa.

¿Ves al vulgar? Ese vulgar me apena,
Me falta el aire y donde falta quedo,
Quisiera no entender, pero no puedo:
Es la vulgaridad que me envenena.

Me empobrecí porque entender abruma,
Me empobrecí porque entender sofoca,
¡Bendecida la fuerza de la roca!
Yo tengo el corazón como la espuma.

Mar, yo soñaba ser como tú eres,
Allá en las tardes que la vida mía
Bajo las horas cálidas se abría...
Ah, yo soñaba ser como tú eres.

Mírame aquí, pequeña, miserable,
Todo dolor me vence, todo sueño;
Mar, dame, dame el inefable empeño
De tornarme soberbia, inalcanzable.

Dame tu sal, tu yodo, tu fiereza,
¡Aire de mar!... ¡Oh tempestad, oh enojo!
Desdichada de mí, soy un abrojo,
Y muero, mar, sucumbo en mi pobreza.

Y el alma mía es como el mar, es eso,
Ah, la ciudad la pudre y equivoca
Pequeña vida que dolor provoca,
¡Que pueda libertarme de su peso!

Vuele mi empeño, mi esperanza vuele...
La vida mía debió ser horrible,
Debió ser una arteria incontenible
Y apenas es cicatriz que siempre duele.


**********


Me atreveré a besarte


Mírame aquí a tu lado tirada dulcemente;
soy un lirio caído al pie de una montaña...
Mírame aquí a tu lado...Esa luz que me baña
me viene de tus ojos como de un sol naciente.

Cómo envidio tus uñas insertas en tus dedos,
y tus dedos insertos de tu mano en la palma,
y tu ser todo inserto en el molde de mi alma!
Cómo envidio tus uñas insertas en tus dedos.

Acoge mi pedido: oye mi voz sumisa,
vuélvete a donde quedo postrada y sin aliento.
Celosa de tus penas, esclava de tu risa,
sobra de tus anhelos y de tu pensamiento.

Te miraré a los ojos cuando la tarde abroche
tu boca bien amada que no he besado nunca...


**********


El divino amor


Te ando buscando, amor que nunca llegas,
te ando buscando, amor que te mezquinas,
me aguzo por saber si me adivinas,
me doblo por saber si te me entregas.

Las tempestades mías, andariegas,
se han aquietado sobre un haz de espinas;
sangran mis carnes gotas purpurinas
porque a salvarme, ¡oh niño!, te me niegas.

Mira que estoy de pie sobre los leños,
que a veces bastan unos pocos sueños
para encender la llama que me pierde.

Sálvame, amor, y con tus manos puras
trueca este fuego en límpidas dulzuras
y haz de mis leños una rama verde.


**********


Esto es amor...

Esto es amor, esto es amor, yo siento
en todo átomo vivo un pensamiento.

Yo soy una y soy mil, todas las vidas
pasan por mí, me muerden sus heridas.

Y no puedo ya más, en cada gota
de mi sangre hay un grito y una nota.

Y me doblo, me doblo bajo el peso
de un beso enorme, de un enorme beso.


************


Tu dulzura


Camino lentamente por la senda de acacias,
me perfuman las manos sus pétalos de nieve,
mis cabellos se inquietan bajo céfiro leve
y el alma es como espuma de las aristocracias.

Genio bueno: este día conmigo te congracias,
apenas un suspiro me torna eterna y breve...
¿Voy a volar acaso, ya que el alma se mueve?
En mis pies cobran alas y danzan las tres Gracias.

Es que anoche tus manos en mis manos de fuego,
dieron tantas dulzuras a mi sangre, que luego
llenóseme la boca de mieles perfumadas,

tan frescas, que en la limpia madrugada de estío,
mucho temo volverme al caserío,
prendidas en los labios mariposas doradas.


************


Veinte siglos

Para decirte, amor, que te deseo,
sin los rubores falsos del instinto.
Estuve atada como Prometeo,
pero una tarde me salí del cinto.

Son veinte siglos que movió mi mano
para poder decirte sin rubores:
"Que la luz edifique mis amores".
¡Son veinte siglos los que alzo mi mano!

Pasan las flechas sobre mis cabellos,
pasan las flechas, aguzados dardos...
¡Son veinte siglos de terribles fardos!
Sentí su peso al libertarme de ellos.


***********


Dos palabras

Esta noche al oído me has dicho dos palabras
comunes. Dos palabras cansadas
de ser dichas. Palabras
que de viejas son nuevas.

Dos palabras tan dulces, que la luna que andaba
filtrando entre las ramas
se detuvo en mi boca. Tan dulces dos palabras
que una hormiga pasea por mi cuello y no intento
moverme para echarla.

Tan dulces dos palabras
que digo sin quererlo -¡oh, qué bella, la vida!-
Tan dulces y tan mansas
que aceites olorosos sobre el cuerpo derraman.

Tan dulces y tan bellas
que nerviosos, mis dedos,
se mueven hacia el cielo imitando tijeras.
Oh, mis dedos quisieran
cortar estrellas.


********


Alma desnuda

Soy un alma desnuda en estos versos,
alma desnuda que angustiada y sola
va dejando sus pétalos dispersos.

Alma que puede ser una amapola,
que puede ser un lirio, una violeta,
un peñasco, una selva y una ola.

Alma que como el viento vaga inquieta
y ruge cuando está sobre los mares
y duerme dulcemente en una grieta.

Alma que adora sobre sus altares
dioses que no se bajan a cegarla;
alma que no conoce valladares.

Alma que fuera fácil dominarla
con sólo un corazón que se partiera
para en su sangre cálida regarla.
Alma que cuando está en la primavera
dice al invierno que demora: vuelve,
caiga tu nieve sobre la pradera.

Alma que cuando nieva se disuelve
en tristezas, clamando por las rosas
con que la primavera nos envuelve.

Alma que a ratos suelta mariposas
a campo abierto, sin fijar distancia,
y les dice: libad sobre las cosas.

Alma que ha de morir de una fragancia,
de un suspiro, de un verso en que se ruega,
sin perder, a poderlo, su elegancia.

Alma que nada sabe y todo niega
y negando lo bueno el bien propicia
porque es negando como más se entrega.

Alma que suele haber como delicia
palpar las almas, despreciar la huella,
y sentir en la mano una caricia.

Alma que siempre disconforme de ella,
como los vientos vaga, corre y gira;
alma que sangra y sin cesar delira
por ser el buque en marcha de la estrella.


*************


Dientes de flores, cofia de rocío...


Dientes de flores, cofia de rocío,
manos de hierbas, tú, nodriza fina,
tenme prestas las sábanas terrosas
y el edredón de musgos escardados.

Voy a dormir, nodriza mía, acuéstame.
Ponme una lámpara en la cabecera;
una constelación, la que te guste;
todas son buenas, bájala un poquito.

Déjame sola; oyes romper los brotes...
te acuna un pie celeste desde arriba
y un pájaro te traza unos compases

para que olvides... Gracias... Ah, un encargo:
si él llama nuevamente por teléfono
le dices que no insista, que he salido.


********


La inquietud del rosal


El rosal en su inquieto modo de florecer
va quemando la savia que alimenta su ser.
¡Fijaos en las rosas que caen del rosal;
tantas son que la planta morirá de este mal!
El rosal no es adulto y su vida impaciente
se consume al dar flores precipitadamente.


*********


Esta tarde


Ahora quiero amar algo lejano...
algún hombre divino
que sea como un ave por lo dulce,
que haya habido mujeres infinitas
y sepa de otras tierras, y florezca
la palabra en sus labios, perfumada:
suerte de selva virgen bajo el viento...

Y quiero amarlo ahora. Está la tarde
blanda y tranquila como espeso musgo,
tiembla mi boca y mis dedos finos,
se deshacen mis trenzas poco a poco.

Siento un vago rumor... Toda la tierra
está cantando dulcemente... Lejos,
los bosques se han cargado de corolas,
desbordan los arroyos de sus cauces
y las aguas se filtran en la tierra
así como mis ojos en los ojos
que estoy soñando embelesada...

Pero...
ya está bajando el sol tras de los montes,
las aves se acurrucan en sus nidos,
la tarde ha de morir y él está lejos...
lejos como este sol que para nunca
se marcha y me abandona, con las manos
hundidas en las trenzas, con la boca
húmeda y temblorosa, con el alma
sutilizada, ardida en la esperanza
de este amor infinito que me vuelve
dulce y hermosa...



*******************


Oye


Yo seré a tu lado,
silencio, silencio,
perfume, perfume,
no sabré pensar,
no tendré palabras,
no tendré deseos,
sólo sabré amar.

Cuando el agua caiga monótona y triste
buscaré tu pecho para acurrucar
este peso enorme que llevo en el alma
y no sé explicar.

Te pediré entonces tu lástima, amado,
para que mis ojos se den a llorar silenciosamente,
como el agua cae sobre la ciudad.

Y una noche triste, cuando no me quieras,
secaré los ojos y me iré a bogar
por los mares negros que tiene la muerte,
para nunca más.


**********


Soy esa flor


Tu vida es un gran río, va caudalosamente.
A su orilla, invisible, yo broto dulcemente.
Soy esa flor perdida entre juncos y achiras
que piadoso alimentas, pero acaso ni miras.

Cuando creces, me arrastras y me muero en tu seno;
cuando secas, me muero poco a poco en el cieno;
pero de nuevo vuelvo a brotar dulcemente
cuando en los días bellos vas caudalosamente.

Soy esa flor perdida que brota en tus riberas
humilde y silenciosa todas las primaveras.


*************


Dolor


Quisiera esta tarde divina de octubre
pasear por la orilla lejana del mar;
que la arena de oro, y las aguas verdes,
y los cielos puros me vieran pasar.

Ser alta, soberbia, perfecta, quisiera,
como una romana, para concordar
con las grandes olas, y las rocas muertas
y las anchas playas que ciñen el mar.

Con el paso lento, y los ojos fríos
y la boca muda, dejarme llevar;
ver cómo se rompen las olas azules
contra los granitos y no parpadear;

ver cómo las aves rapaces se comen
los peces pequeños y no despertar;
pensar que pudieran las frágiles barcas
hundirse en las aguas y no suspirar;

ver que se adelanta, la garganta al aire,
el hombre más bello, no desear amar...

Perder la mirada, distraídamente,
perderla y que nunca la vuelva a encontrar:
y, figura erguida, entre cielo y playa,
sentirme el olvido perenne del mar.


***********


Hombre pequeñito

Hombre pequeñito, hombre pequeñito,
suelta a tu canario, que quiere volar...
Yo soy el canario, hombre pequeñito,
déjame saltar.

Estuve en tu jaula, hombre pequeñito,
hombre pequeñito que jaula me das.
Digo pequeñito porque no me entiendes,
ni me entenderás.

Tampoco te entiendo, pero mientras tanto
ábreme la jaula que quiero escapar;
hombre pequeñito, te amé un cuarto de ala;
no me pidas más.


*************************


Silencio... silencio...


Me besarás los ojos... estarás a mi lado...
-Adiós, hasta mañana, hasta mañana amado.

Y caerá en mis pupilas una luz bienhechora,
la luz azul-celeste de la última hora.

Una luz tamizada que bajando del cielo
me pondrá en las pupilas la dulzura de un velo.

Una luz tamizada que ha de cubrirme toda
con su velo impalpable como un velo de boda.

Oh, silencio, silencio... esta tarde es la tarde
en que la sangre mía ya no corre ni arde.

Oh, silencio, silencio... en torno de mi cama
tu boca bien amada dulcemente me llama.

Oh silencio, silencio que tus besos sin ecos
se pierden en mi alma temblorosos y secos.

Oh silencio, silencio que la tarde se alarga
y pone sus tristezas en tu lágrima amarga.

Oh silencio, silencio que se callan las aves,
se adormecen las flores, se detienen las naves.

Oh silencio, silencio que una estrella ha caído
dulcemente a la tierra, dulcemente y sin ruido.

Oh silencio, silencio que la noche se allega
y en mi lecho se esconde, susurra, gime y ruega.

Oh silencio, silencio... que el silencio me toca
y me apaga los ojos, y me apaga la boca.

Oh silencio, silencio... que la calma destilan
mis manos cuyos dedos lentamente se afilan...


**********


Pasión


Unos besan las sienes, otros besan las manos,
otros besan los ojos, otros besan la boca.
Pero de aquél a éste la diferencia es poca.
No son dioses, ¿qué quieres?, son apenas humanos.

Pero, encontrar un día el espíritu sumo,
la condición divina en el pecho de un fuerte,
el hombre en cuya llama quisieras deshacerte
¡como al golpe de viento las columnas de humo!

La mano que al posarse, grave, sobre tu espalda,
haga noble tu pecho, generosa tu falda,
y más hondos los surcos creadores de tus senos.

¡Y la mirada grande, que mientras te ilumine
te encienda al rojoblanco, y te arda, y te calcine
hasta el seco ramaje de los pálidos huesos!


*********************


Duerme tranquilo


Dijiste la palabra que enamora
a mis oídos. Ya olvidaste. Bueno.
Duerme tranquilo. Debe estar sereno
y hermoso el rostro tuyo a toda hora.

Cuando encanta la boca seductora
debe ser fresca, su decir ameno;
para tu oficio de amador no es bueno
el rostro ardido del que mucho llora.

Te reclaman destinos más gloriosos
que el de llevar, entre los negros pozos
de las ojeras, la mirada en duelo.

¡Cubre de bellas víctimas el suelo!
Más daño al mundo hizo la espada fatua
de algún bárbaro rey y tiene estatua.


************


Soy


Soy suave y triste si idolatro, puedo
bajar el cielo haSta mi mano cuando
el alma de otro al alma mía enredo.
Plumón alguno no hallarás más blando.

Ninguna como yo las manos besa,
ni se acurruca tanto en un ensueño,
ni cupo en otro cuerpo, así pequeño,
un alma humana de mayor terneza.

Muero sobre los ojos, si los siento
como pájaros vivos, un momento,
aletear bajo mis dedos blancos.

Sé la frase que encanta y que comprende
y sé callar cuando la luna asciende
enorme y roja sobre los barrancos.


************


Fiero amor


Oh, fiero amor, llegaste como la mariposa.
Cuando comienza Octubre se aproxima a la rosa;
era silencio todo, era silencio abierto
a sombras misteriosas como el ojo de un muerto.

Yo era la misma sombra, yo era menos, yo era
una cosa durmiente que ni sueña ni espera,
cuando el vuelo de aquella mariposa celeste
me hizo gorjear de pronto como un pájaro agreste.

Oh, cien soles se alzaron por el lado de oriente,
oh, cien ríos corrieron por la misma pendiente,
oh, cien lunas de plata brillaron en el cielo
y cien altas montañas emprendieron el vuelo.

Abrí los brazos: tuve la divina locura
de tocar con mis dedos las cosas de la altura.
Abrí los ojos: tuve la divina tristeza
de beber con los ojos la celeste belleza.

Lloré, lloré sin tregua; grité: Corazón mío,
detente en el camino que lleva al desvarío;
pero el corazón mío fue una gota de cera...
Dios, ¿qué pudo esa gota contra la primavera?...

Fiero amor: en tus manos yo he soltado mi vida;
acógela: Paloma que se posa rendida
en las garras sangrientas, ya no bate las alas:
muere de lo que vive; vive de lo que exhalas.

Bien sé que no hay cien soles que nazcan en oriente,
bien sé que no hay cien ríos por la misma pendiente,
bien sé que no hay cien lunas que brillen en el cielo,
bien sé que no hay montañas que se alarguen al vuelo.

Bien sé que las palomas ciegan sus ojos, dejan
en el nido las plumas, las auroras se alejan,
caen las hojas, viene el otoño, la muerte,
y se agrisan los días, y se agrisa la suerte.

Pero soy una esclava del dolor y lo adoro
como adora el avaro el sonido del oro:
oh, terrible tormenta de relámpago y rayo,
en tu fuego revivo, en tu fuego desmayo.

Fiero amor: soy pequeña como un copo de nieve,
fiero amor: soy pequeña como un pájaro breve,
triste como el gemido de un niño moribundo,
fiero amor, no hallarías mejor presa en el mundo.

Ninguna moriría más ligero en tus garras,
ninguna moriría más pronto en tus amarras.
Alumbra, sol naciente... Naturaleza, crece:
sobre la vida oscura la muerte resplandece.


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La caricia perdida


Se me va de los dedos la caricia sin causa,
se me va de los dedos ... En el viento, al rodar,
la caricia que vaga sin destino ni objeto,
la caricia perdida, ¿quién la recogerá?

Pude amar esta noche con piedad infinita,
pude amar al primero que acertara a llegar.
Nadie llega. Están solos los floridos senderos.
La caricia perdida rodará... rodará...

Si en los ojos te besan esta noche, viajero,
si estremece las ramas un dulce suspirar,
si te oprime los dedos una mano pequeña
que te toma y te deja, que te logra y se va,

si no ves esa mano ni la boca que besa,
si es el aire quien teje la ilusión de llamar,
oh, viajero, que tienes como el cielo los ojos,
en el viento fundida ¿me reconocerás?


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Miedo


Aquí, sobre tu pecho, tengo miedo de todo;
estréchame en tus brazos como una golondrina
y dime la palabra, la palabra divina
que encuentre en mis oídos dulcísimo acomodo.

Háblame de amor, arrúllame, dame el mejor apodo,
besa mis pobres manos, acaricia la fina
mata de mis cabellos, y olvidaré, mezquina,
que soy, ¡oh cielo eterno!, sólo un poco de lodo.

¡Es tan mala la vida! ¡Andan sueltas las fieras...!
Oh, no he tenido nunca las bellas primaveras
que tienen las mujeres cuando todo lo ignoran.

En tus brazos, amado, quiero soñar en ellos,
mientras tus manos blancas suavizan mis cabellos,
mientras mis labios besan, mientras mis ojos lloran.


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Peso ancestral


Tú me dijiste: no lloró mi padre;
tú me dijiste: no lloró ni abuelo;
no han llorado los hombres de mi raza,
eran de acero.

Así diciendo te brotó una lágrima
y me cayó en la boca... más veneno.
Yo no he bebido nunca en otro vaso
así pequeño.

Débil mujer, pobre mujer que entiende
dolor de siglos conocí al beberlo:
¡Oh, el alma mía soportar no puede
todo su peso!


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Subconciencia


Has hablado, has hablado y me he dormido.
Pero duermo y no duermo, porque siento
que estoy bajo el supremo pensamiento:
vivo, viviré siempre y he vivido.

Has hablado, has hablado y he caído
en un marasmo... cede hasta el aliento.
Tiempo atrás, en las sombras, me he perdido:
estoy ciega. No tengo sentimiento.

Como el espacio soy, como el vacío.
Es una sombra todo el cuerpo mío
y puedo como el humo levantarme:

Oigo soplos etéreos... sobrehumanos...
Sujétame a la tierra con tus manos,
que si el viento se mueve ha de llevarme.


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Al oído...

Si quieres besarme.....besa
-yo comparto tus antojos-.
Mas no hagas mi boca presa..
bésame quedo en los ojos.

No me hables de los hechizos
de tus besos en el cuello...
están celosos mis rizos,
acaríciame el cabello.

Para tu mimo oportuno,
si tus ojos son palabras,
me darán, uno por uno,
los pensamientos que labras.

Pon tu mano entre las mías...
temblarán como un canario
y oiremos las sinfonías
de algún amor milenario.

Esta es una noche muerta
bajo la techumbre astral.
Está callada la huerta
como en un sueño letal.

Tiene un matiz de alabastro
y un misterio de pagoda.
¡Mira la luz de aquel astro!
¡la tengo en el alma toda!

Silencio...silencio...¡calla!
Hasta el agua corre apenas,
bajo su verde pantalla
se aquieta casi la arena...

¡Oh! ¡qué perfume tan fino!
¡No beses mis labios rojos!
En la noche de platino
bésame quedo en los ojos...